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Espace Presse : Nouvelles technologies au travail : aliénation ou libération ?

[Communiqué de presse]

Paru le : 01/02/2011

Les  Editions Tissot,  maison spécialisée depuis quarante  ans dans l’édition de publications  juridiques en droit du travail à destination  des employeurs, ont fait réaliser,  en janvier 2011, un sondage sur les rapports  qu’entretiennent les salariés avec  les nouvelles technologies et l’impact sur  leur mode de vie.

A l’heure où les  entreprises équipent leurs salariés de smartphones,  connexions Internet, ordinateurs  portables, etc. les Editions Tissot se  posent la question de “La nouvelle  frontière entre vie professionnelle et vie  privée “.

Les  résultats du sondage indiquent que sur les 7 cadres sur 10 qui  bénéficient  d’outils de connexion à distance : 73 % d’entre eux travaillent  hors de leur bureau.

 

Mais  ils sont aussi 78 % à se connecter, à titre de divertissement, durant  leur temps  de travail.

Les   exceptions « ordinaires » au temps de travail légal  se  multiplient surtout chez les cadres qui continuent à travailler chez eux  après  une journée de travail.

50 % pendant leur week-end,  38 % pendant leur RTT, 24 % durant leurs  trajets …Et 26 % pendant leur arrêt  maladie.

Ici,  avec Internet et les nouveaux outils de nomadisme, on peut mesurer la  perte « substantielle »  de vie privée. D’ailleurs, aux Etats-Unis,  des salariés se mobilisent pour  demander la rémunération de ce temps  intermédiaire – supplémentaire passé à  répondre aux messages en dehors du  bureau.

Pour autant,  cette dépendance paraît « invisible » pour 72 % des cadres qui  estiment « se sentir libérés par la technologie,  à la fois plus  responsables et épanouis dans la gestion de leur temps ». Cette nouvelle  flexibilité du temps de travail est perçue comme  positive, moderne et  libératoire.

A l’opposé, ils sont  déjà 26 % des cadres à se sentir « aliénés, Internet faisant  insidieusement pénétrer le travail dans leur  vie personnelle ». Pour  ces salariés, la liberté (ou la non  liberté) n’est pas une réalité, mais une manière  variable de ressentir la    contrainte. La liberté serait en réalité pour eux un  changement  d’obligation.

Reste que pour 43 %  des cadres, un glissement semble s’être  opéré et « la frontière entre  vie privée et professionnelle apparaît comme  de moins en moins marquée ». Ce  qui n’est pas nécessairement  perçu en négatif, comme un amoindrissement  progressif de la sphère privée, mais  plutôt comme un état assumé de ses  responsabilités.

Enfin, 41 % des  cadres pensent que le lieu de travail sera dans  l’avenir  « dématérialisé ». Demain,  la productivité  supposera une pluri-activité, notamment hors du bureau. Cela correspond  déjà à  une certaine réalité. On sait que les idées, moments d’inspiration,  peuvent  venir inopinément, en dehors des horaires pour des professions  intellectuelles  par exemple.

Internet  peut donc accroître le temps de travail du salarié en dehors de  l’entreprise,  mais inversement, il peut induire des effets pervers à  l’intérieur de celle-ci :

En effet, 78 % des  cadres utilisent Internet à des fins de  divertissement, 35 % pour regarder  l’actualité, 29 % pour surfer, 15 % pour  faire des achats et 20 % pour  communiquer via des réseaux sociaux ou leur  messagerie.

Si  la loi permet d’envisager le licenciement pour faute grave face à un  usage  abusif d’Internet à titre personnel, les experts des Editions Tissot notent que la Cour de cassation a qualifié, le 18 mars 2009, d’usage abusif le   fait pour un salarié d’avoir passé plus de 40 heures sur 1 mois à des activités   personnelles sur Internet, soit une moyenne de 2 heures par jour de   travail !

Pour le sociologue,  Ronan Chastellier, cette situation serait d’une  certaine manière pour  l’entreprise l’accompagnement non voulu de la chose  voulue !

Il  considère que cette zone « tampon »   du travail à  distance, non comptabilisée, nous incite à envisager une  nouvelle notion : « le temps de travail à distance » qui vient  troubler l’immuable  durée légale du travail. Les objets communicants permettent  en effet de changer  de perspective. Non seulement, ces formats de portabilité  apportent une  utilisation intensive du temps au sein des entreprises (immédiateté,   flexibilité, etc.), mais ils semblent insidieusement augmenter le temps de   travail à l’extérieur. C’est probablement Internet qui aura raison des  « 35 heures » car pour le salarié devenu « branché mais   distant », la question de la limitation du temps de travail, sauf à avoir   un compteur, ne se posera plus.  Au-delà  de tous les avantages que peuvent  apporter les nouvelles technologies… se pose  aussi la question du progrès comme  possibilité de perversion, régression vers  un mal.

Sondage des Editions Tissot  réalisé par OpinionWay auprès d’un  échantillon représentatif de 1154 personnes,  salariés du privé ou du public,  âgés de 18 ans et plus, du 5 au 13 janvier  2011.

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