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Risques professionnels

TPE : intégrer la prévention des risques à la performance de l’entreprise

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La prévention des risques doit être intégrée au fonctionnement de l’entreprise, à l’amélioration de sa productivité et à sa performance. La performance repose en effet, en grande partie, sur les compétences et l’implication des femmes et des hommes qui composent l’entreprise et qui sont l’objet même de la prévention des risques professionnels.

Les très petites entreprises (TPE) se définissent par un effectif de moins de 10 salariés. Elles se caractérisent par une activité de proximité, des liens particuliers (familial ou social) et un capital détenu par le chef d’entreprise. Le fonctionnement est très centralisé autour du chef d’entreprise, avec une organisation peu formalisée, une très grande polyvalence des salariés, qui ne facilite pas la spécialisation d’un salarié sur la santé au travail.

Des problématiques de court terme

Ces entreprises doivent faire face à des problématiques de court terme, telles que le planning de production, la trésorerie, le carnet de commande, etc. Les questions de développement commercial et financier sont leurs premières préoccupations. Les obligations en matière de santé et de sécurité au travail, comme par exemple, l’adhésion à un service de santé au travail et la rédaction et la mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER), sont perçus comme des contraintes administratives.

Il est possible d’identifier des enjeux pour développer la prévention des risques professionnels auprès de la majorité des TPE d’une profession donnée. Pour ce faire, il est nécessaire de rechercher des leviers favorisant l’implication du chef d’entreprise dans la prise en charge de la santé et sécurité au travail.

Ces leviers pourront se baser sur les conséquences de l’absence de prévention ou au contraire les bénéfices d’une politique de prévention.

Alerter sur les conséquences probables de l’absence de prévention

L’absentéisme est la conséquence la plus directe de la maladie ou de l’accident pour le chef d’entreprise. Les effets tels qu’une baisse d’activité, la désorganisation qui génère des retards, etc. vont peser sur l’entreprise et l’obliger à recruter en urgence du personnel intérimaire, à former des personnes dans la précipitation, etc.

La survenue d’un accident ou d’une maladie porte également souvent atteinte à l’image de l’entreprise, ou à son fonctionnement. Cela peut conduire à la perte de confiance des partenaires avec un impact sur l’activité, voire une difficulté de recrutement de l’entreprise.

La survenue d’un accident grave ou d’une maladie professionnelle débouchant sur une procédure de licenciement pour inaptitude peut avoir un impact psychosocial important dans l’entreprise. La reconnaissance d’une faute inexcusable doit par ailleurs inciter les chefs d’entreprise à répondre aux obligations réglementaires en matière de santé au travail, car elle peut mettre en danger la pérennité de l’entreprise.

Valoriser les bénéfices attendus d’une politique de prévention

Une première approche consiste à mesurer un bénéfice au regard du coût (achat d’un équipement ou accompagnement par un consultant par exemple) produit par la mise en place d’une mesure de prévention.

Une deuxième approche consiste à comparer le coût de la mesure de prévention ou coût direct de la maladie professionnelle ou l’accident du travail. C’est-à-dire le coût imputé à l’entreprise suite à la déclaration d’un accident. Ce raisonnement connaît des limites, tels que la faible occurrence des accidents dans la TPE et la mutualisation du coût entre les entreprises avec la même activité (code risque identique), donc pas d’effet immédiat et direct entre la survenue de l’accident et la cotisation payée par l’entreprise.

Enfin, une troisième approche, fondée sur un raisonnement économique auquel le chef d’entreprise est sensible, est basée sur la fidélisation des salariés dont l’importance est variable selon le secteur d’activité. La fidélisation des salariés peut se traduire par exemple, par le maintien de compétences « pointues » dans le secteur automobile, suite aux évolutions technologiques (voitures électriques ou hybrides). La formation continue des salariés est donc importante et leur fidélisation devient un enjeu stratégique pour l’entreprise. La prévention doit être valorisée auprès des entreprises et permettre de conserver et de préserver les salariés et leurs compétences.

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Références : Hygiène et sécurité du travail n°251 juin 2018 - INRS