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Risques professionnels

Tout savoir sur le bruit au travail

Publié le 26/10/2017 par

Du 23 au 28 octobre s'est déroulée la semaine de la santé auditive au travail. L'occasion de faire le point sur ce facteur d'ambiance pouvant affecter durablement ou ponctuellement la santé des salariés mais aussi plus largement leur qualité de vie au travail. Faisons le point sur les conséquences du bruit, son cadre réglementaire et sa prévention.

Bruit au travail : qui est concerné ?

L'exposition au bruit dépasse largement les postes de travail nécessitant le port de protections auditives. Ainsi :

  • selon l’enquête JNA – Ifop 2016 « Les nuisances sonores et leurs impacts santé », 91 % des actifs ouvriers et 70 à 80 % des salariés du tertiaire déclarent être en difficulté par rapport au bruit ;
  • selon l'étude Sumer 2010, en France, les expositions de plus de 20 heures par semaine à plus de 85 dB(A) concernent 4,8 % des salariés.

Bruit au travail : quels effets sur la santé ?

Les conséquences du bruit sur la santé s'accroissent avec le niveau sonore et la durée d'exposition.

A partir de 80 décibels pour une journée de travail de 8 heures, les salariés risquent des atteintes à l'audition, pouvant aller jusqu'à une surdité professionnelle partielle.

De la même façon, l'exposition, même courte, à un bruit au-delà de 130 décibels, peut provoquer une surdité brutale, totale ou partielle.

D'autres effets existent en-dessous d'un niveau moyen de 80 décibels :

  • une fatigue auditive, et la nécessité d'un effort supplémentaire pour continuer à comprendre les conversations ;
  • un possible risque auditif chez les enfants de mères ayant été exposées à des bruits de forte intensité ;
  • un risque d'accident du travail accru ;
  • des troubles cardiovasculaires, du stress, des troubles du sommeil ;
  • une baisse des performances et de la déconcentration, notamment en open space.

Bruit au travail : que dit la loi ?

Le cadre de la prévention du bruit au travail est précisé dans les articles R. 4431-1 à R. 4436-1 du Code du travail.

Ce cadre s'appuie sur :

  • l'application des principes généraux de prévention au bruit (choix d'équipements de travail moins bruyants, réduction du bruit aérien, adaptation de la maintenance, réduction de l'exposition au bruit par l'organisation du travail, etc.)
  • le principe d'évaluation et de mesure des niveaux de bruit par des personnes expertes, au moins une fois tous les cinq ans.

En fonction du niveau de bruit moyen sur une journée de travail, différentes mesures sont à mettre en place :

  • en dessous de 80 décibels, obligation générale de l'employeur concernant la santé des salariés (Code du travail, art. L. 4121-2) ;
  • à partir de 80 décibels, mise à disposition de protections auditives, information et formation des salariés et possibilité d'examens audiométriques ;
  • à partir de 85 décibels, obligation du port des protections auditives, signalisation des lieux de travail concernés et programme de réduction de l'exposition au bruit ;
  • au-delà de 87 décibels malgré le port des protections, mesures immédiates pour réduire l'exposition.

Bruit au travail : quelle prévention ?

Sur ce risque en particulier, les entreprises peuvent demander l'appui du service prévention de leur CARSAT ou de leur service de santé au travail.

Une fois le niveau de bruit évalué et les sources identifiées, différentes actions sont possibles, en suivant l'ordre des principes généraux de prévention :

  • achat d'équipements moins bruyants ;
  • réduction à la source du bruit émis, par exemple par encoffrement ;
  • traitement acoustique des locaux pour améliorer l'isolation ou l'absorption du bruit ;
  • mise à disposition de bouchons d'oreille ou de casques anti-bruit ;
  • cloisonnement, ou installation d'écrans acoustiques ;
  • mise en place d'une organisation du travail limitant la durée et l'intensité de l'exposition ou prévoyant des périodes de repos.
Notez-le
Tous les lieux de travail sont à prendre en compte, y compris les bureaux collectifs ou ouverts, les plate-formes téléphoniques, mais également les locaux de repos (Code du travail, art. R 4434-4) ou le restaurant d'entreprise.