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Quand l’ennui au travail devient pénible à supporter au quotidien

Publié le par dans Risques psychosociaux.

Si une charge de travail trop importante peut conduire au burn-out, à l’inverse le manque de travail peut être facteur de bore-out. En France, il est appelé le « syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui ». Passer son temps à regarder l’heure, être payé à rien faire : sujet tabou donc difficile à chiffrer.

Le trouble du bore-out a été repéré en 1958 par le sociologue James G. Marc. Le terme bore-out est ensuite donné par deux consultants suisses P.Werder et P. Rothlin en 2007. A l’époque, en Occident, 7 % des collaborateurs étaient impactés, aujourd’hui ils seraient proche de 30 % selon une étude de Christian Bourion et Stéphane Trébucq.

Comment repérer les symptômes du bore-out ?

Le bore-out peut se traduire de différentes manières :

  • envie de partir avant même d’avoir commencé sa journée professionnelle ;
  • passer plus de temps à faire autre chose que travailler ;
  • ne pas trouver de sens aux différentes missions réalisées ;
  • ne pas être concerné pas les projets de l’entreprise ;
  • avoir l’impression de stagner dans l’emploi depuis longtemps ;
  • être distrait, multiplier les erreurs et les oublis ;
  • être très lent dans l’exécution.

Comment un collaborateur peut-il arriver au bore-out ?

Les facteurs proviennent de tous les niveaux de l’entreprise : l’organisation de la structure, le travail en soi, la motivation du collaborateur, l’implication des managers.

Dans une organisation sans changement, la routine s’installe et des missions monotones ou répétitives vont accentuer le phénomène en déclenchant un manque de motivation. Le manque d’autonomie ou de marge de manœuvre va accélérer le processus. Mais un nouveau logiciel qui fait gagner de temps ou des embauches sans réel besoin peuvent aussi conduire au bore-out. De même, en cas de surqualification sur un poste ou d’une grande efficacité dans la réalisation des missions, les journées deviennent moins chargées…

Si le manager est absent ou transparent et ne se rend pas compte de la charge de travail de son équipe, les collaborateurs peuvent se sentir abandonnés par la hiérarchie.

Le bore-out met l’accent sur une souffrance psychique durable imputable au manque de sollicitations durant l’activité de travail. Ses conséquences psychologiques vont de la fatigue à la décompensation psychologique en passant par la dépression et la honte de soi. Dans des cas extrêmes, le bore-out peut conduire au suicide.

Tous les profils sont concernés.

Le bore-out peut aussi provenir d’une mise à l’écart volontaire sur certains projets. Or, il est important de rappeler que la première obligation d’un employeur, c’est de fournir du travail. Dans le cas contraire, cela s’appelle du travail fictif ou de la « mise au placard », ce qui est formellement interdit. De ce fait, la première obligation d’un salarié c’est de travailler. Ces conséquences ont un impact sur la vie économique de l’entreprise et sur la santé des salariés.

Comment éviter cet état ?

La prévention passe par le sens de l’observation et de l’écoute. Chaque manager doit donc faire en sorte de développer ces aptitudes.

L’encadrement est le premier levier :

  • les entretiens annuels permettent de faire la synthèse de l’année écoulée et de veiller à la motivation d’un collaborateur ;
  • la sensibilisation des managers et des salariés sur la mise en œuvre d’une charge de travail équitable va donner à ces derniers le sentiment d’être reconnu et il leur sera plus facile de se dévoiler en cas de charge de travail inadaptée.

Derrière le bore-out, il y a de la honte et la peur d’avouer son manque d’occupation au quotidien. Pour contrer le phénomène, la franchise doit prendre le pas sur le silence. En ce sens, les questionnaires anonymes peuvent servir de diagnostic. Si le bore-out est avéré, proposer au collaborateur concerné de réaliser un bilan de compétences lui permettra dans un premier temps de faire le point sur son métier et sur ce qui l’anime.

La qualité des relations au sein de l’entreprise est déterminante, de par son impact sur la santé physique et mental des salariés et sur le bon fonctionnement de l’entreprise. Le bore-out est-il devenu un nouveau risque psychosocial ?

Pour toutes vos questions concernant la motivation des salariés au travail, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Risques psychosociaux ».


Source : « Le bore-out syndrom », Christian Bourion et Stéphane Trébucq, Revue Internationale de Psychologie, 2011.