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Risques professionnels

Perturbateurs endocriniens : quelles sources d’exposition et moyens de prévention en milieu professionnel ?

Publié le 21/04/2017 par

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques ou des mélanges, d’origine naturelle ou artificielle susceptibles de modifier le fonctionnement du système endocrinien. Ils sont suspectés de provoquer des effets sur la santé humaine, tels que des pathologies thyroïdiennes, des troubles métaboliques, des atteintes du système reproducteur.

Perturbateurs endocriniens : comment les identifier ?

En l’absence d’étiquetage spécifique, le repérage des PE n’est pas facile à effectuer. Les PE potentiels ou avérés se retrouvent dans une grande diversité des produits de la vie quotidienne tels que les plastiques, les jouets, les produits d’entretien, cosmétiques, emballages, etc. Ils appartiennent à des nombreuses familles chimiques comme par exemple : les bisphénols, les parabènes, les dioxines, les pesticides ou encore les métaux lourds.

Une liste de substances « PE avérées » ou « PE suspectées » a été établie par la Commission européenne en octobre 2015, et comprend environ 200 PE avérés et 125 PE suspectés. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a lancé des travaux d’évaluation du risque d’une vingtaine de substances identifiées comme préoccupantes au regard de leur action PE.

Perturbateurs endocriniens : comment prévenir les risques ?

Il n’existe pas à ce jour une réglementation spécifique applicable en tant que telle aux PE, la prévention liée à ces substances est basée sur la démarche de prévention des risques chimiques, visant à supprimer les risques ou, à défaut, à réduire l’exposition aux produits CMR. Elle s’appuie sur les principes généraux suivants :

  • éviter les risques, si possible en les supprimant ;
  • évaluer les risques et les combattre à la source ;
  • remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou ce qui l’est moins : substitution des produits dangereux par des produits présentant moins de risques ;
  • privilégier les mesures de protection collective (ventilation et assainissement d’air, encoffrement, système clos, etc.) par rapport aux mesures de protection individuelle ;
  • former et informer les salariés, en particulier les femmes en âge de procréer, sur les risques et leur prévention.

L’employeur doit également, substituer obligatoirement les PE classés CMR de catégorie 1A et 1B au sens du règlement CLP (classification et étiquetage des produits).  Lors de l’évaluation des risques, le repérage des produits PE est une étape clé, rendue complexe en l’absence d’étiquetage spécifique de ces derniers. Il faut rechercher systématiquement la présence de ces produits et toute situation de travail susceptible de donner lieu à une exposition.

Les femmes enceintes et allaitant, les femmes en âge de procréer et jeunes hommes doivent faire l’objet d’attention particulière. Le rôle du médecin du travail est primordial dans le cadre de la formation et l’information des salariés sur les risques pour la santé des substances suspectées de perturbation endocrinienne et sur l’importance du respect des mesures de prévention. Si certains risques ne peuvent pas être éliminés, il doit étudier la possibilité d’aménager le poste de travail ou prévoir un reclassement.

Le médecin du travail assure un suivi médical spécifique des travailleurs potentiellement exposés aux PE. En particulier, en l’absence d’information stabilisée sur les PE et leurs effets. Une attitude de précaution similaire à celle adoptée avec les CMR doit être appliquée.

Les salariés exposés aux PE classés CMR 1A ou 1B bénéficient d’un suivi individuel renforcé de leur état de santé, effectué par le médecin du travail selon une périodicité qu’il détermine et qui ne peut pas être supérieure à quatre ans.

Une visite intermédiaire est effectuée par un professionnel de santé au plus tard deux ans après la visite avec le médecin du travail.

La médecine du travail a été complétement revue au 1er janvier 2017. Pour tout savoir sur les nouvelles règles concernant la médecine du travail, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Réglementation en Santé Sécurité au travail ».

Vous pouvez aussi télécharger nos tableaux récapitulatifs :

INRS – Références en santé au travail, n°148 – Décembre 2016  – Perturbateurs endocriniens : contexte, dangers, sources d’exposition et prévention des risques en milieu professionnel

Vous avez une question en droit du travail ? Notre service d'experts peut vous fournir une information réglementaire adaptée par téléphone.

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