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Perturbateurs endocriniens : décryptage

Publié le par dans risques professionnels

Solvants, plastifiants, additifs, produits phytosanitaires. Les perturbateurs endocriniens se retrouvent dans des substances utilisées dans des secteurs variés. Quels en sont les effets pour la santé ? Comment mieux prévenir les risques liés à leur utilisation ? Coup de projecteur sur ces substances qui perturbent le système hormonal des travailleurs.

Perturbateurs endocriniens : définition et effets

D’après l’organisation mondiale de la santé (OMS), un perturbateur endocrinien se définit comme « une substance ou un mélange exogène qui altère les fonctions du système endocrinien et induit en conséquence des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact (ou) de ses descendants… ».

Ces substances peuvent imiter l’action d’une hormone, la bloquer, ou en perturber la production ou la régulation.

Les conséquences sont diverses :

  • impact sur le développement du fœtus ;
  • baisse de la testostérone, endométriose et autres problèmes de fertilité ;
  • apparition de cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate, etc.) ;
  • obésité ou diabète.

Certains perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A ou certains phtalates, sont classés reprotoxiques.

Perturbateurs endocriniens : situations d’exposition au travail

Solvants, plastifiants, colles, additifs, antixoydants, parabènes. Les perturbateurs endocriniens sont susceptibles de se retrouver dans un nombre important de produits utilisés ou fabriqués dans l’industrie, notamment chimique.

Trois types de situation de travail sont essentiellement concernés :

  • l’utilisation de certaines matières premières, notamment des plastifiants ou des solvants ;
  • la fabrication ou l’utilisation de produits contenant des perturbateurs endocriniens tels que des peintures, des colles, des vernis, certaines substance utilisées dans les parfums et les cosmétiques, le bisphénol présent dans les tickets de caisse, distribution d’essence ;
  • le traitement des déchets et le recyclage, qui peut exposer à des substances désormais interdites, notamment le PCB lors du démantèlement des anciens transformateurs électriques.

Le cas du chlordécone

Pesticide organochloré utilisé dans les bananeraies, le chlordécone a été reconnu comme perturbateur endocrinien par l’OMS en 2012, avec de possibles effets dans l’apparition de cancers de la prostate. En l’absence de produit de substitution, la filière de la banane antillaise a supprimé le risque en se convertissant au bio.

Les salariés peuvent être exposés :

  • par inhalation ;
  • par ingestion ;
  • par contact avec la peau.

Perturbateurs endocriniens : règles de prévention

Pour prévenir au mieux les risques liés à ces substances, il est recommandé d’appliquer les règles de prévention (voir notre article « Perturbateurs endocriniens : quelles sources d’exposition et moyens de prévention en milieu professionnel ? ») relatives aux produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (Code du travail, art. R. 4412-59 à R. 4412-93).

Cependant, la notion de valeur limite d’exposition professionnelle est difficilement applicable.
En effet :

  • d’une part, des effets sont possibles à faible dose ;
  • d’autre part, il existe l’effet dit « cocktail » en cas d’exposition à plusieurs perturbateurs endocriniens.

La prévention doit donc avant tout viser la suppression du risque par substitution.
Ainsi, le DEHP, largement utilisé comme plastifiant dans la fabrication de PVC et reconnu perturbateur endocrinien, peut être remplacé par le phtalate de diisononyle.

Si la substitution est impossible, les principales pistes de prévention seront :

  • la protection collective (ventilation et assainissement de l’air, système clos, etc.) ;
  • la protection individuelle (gants, masques, vêtements de protection, etc.) ;
  • l’information des salariés sur les risques et mesures d’hygiène (lavage des mains avant de manger ou de fumer, etc.).

Il est possible de demander conseil au médecin du travail.

Important
Au cours de la grossesse, les femmes sont plus vulnérables aux perturbateurs endocriniens. Il existe des règles spécifiques de prévention et de protection pour les salariées concernées (voir notre article « Grossesse et produits chimiques : informer, évaluer et protéger »).

Décryptage…les perturbateurs endocriniens (INRS, juin 2018)