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Le temps de travail : indicateur de surcharge et facteur de risques pour la santé

Publié le par dans Risques psychosociaux.

La quantité et l’organisation du temps de travail peuvent influer sur la santé des travailleurs. Après les rapports sociaux et les conditions de travail, une nouvelle synthèse de la DARES en explore les différentes composantes : durée hebdomadaire, horaires atypiques, dépassements et débordements sur la vie hors travail. Focus sur les principaux enseignements.

Durée du travail : gare à la surenchère

Le collège d’expertise présidé en 2010 par le sociologue Michel Gollac pour déterminer des indicateurs de risques psychosociaux souligne que la durée du travail est un facteur de risque pour la santé.

Une durée habituelle comprise entre 45 heures et 49 heures par semaine est vraisemblablement nocive. Or, selon l’enquête conditions de travail 2016 de la DARES, 7,9 % des salariés sont concernés.

Par ailleurs, 8,4 % des travailleurs indiquent une durée hebdomadaire supérieure à 50 h, ce qui est très probablement nocif pour la santé.

Deux populations ressortent particulièrement :

  • les cadres, qui sont 17,5 % à travailler entre 45 heures et 49 heures, et 23,2 % plus de 50 heures par semaine ;
  • les salariés du secteur agricole, parmi lesquels 27,8 % travaillent plus de 50 heures par semaine.

Le temps de récupération constitue également un sujet de préoccupation : plus de 15 % des salariés disposent de moins de 48 heures consécutives de repos, proportion qui monte à 44,8 % pour les employés du commerce.

Rappel
Les salariés doivent bénéficier d’un repos quotidien d’au moins 11 heures consécutives (Code du travail, art. L. 3131-1) et d’un repos hebdomadaire d’au moins 35 heures consécutives (Code du travail, art. L. 3132-2).

Quand le travail empiète sur le temps personnel

Les difficultés de conciliation entre la vie de travail et la vie hors travail sont également traitées dans cette enquête.

Les cadres sont les plus exposés. Ils déclarent :

  • pour plus de 45 %, travailler souvent ou toujours au-delà de l’horaire prévu, dont près de 4 salariés sur 5 sans compensation ;
  • pour plus de 21 %, être joints plus d’une fois par semaine par leur entreprise en dehors des horaires de travail, ce qui entre en contradiction avec le droit à la déconnexion.
Notez-le
Plus d’un salarié sur 10 emporte souvent ou toujours du travail à son domicile.

Ces éléments sont autant d’indicateurs d’une charge de travail dépassant le cadre prévu et cette étude vient compléter les constats sur l’intensité du travail (voir notre article « Conditions de travail : à la croisée de la pénibilité et des risques psychosociaux »).

Travail de nuit : d’importantes perturbations de l’organisme

Les effets du travail de nuit sur la santé sont connus : altération du rythme biologique, dépression, risque de cancer.

C’est pourquoi son recours doit rester « exceptionnel » et prendre en compte « les impératifs de protection de la santé » (Code du travail, art. L. 3122-1).

Pour autant, l’enquête de la DARES met en évidence que 6,4 % des salariés travaillent de nuit habituellement. La proportion monte à 22,7 % pour le secteur « fabrication d’aliments, boissons, tabac ».

Travail le week-end : attention aux horaires antisociaux

Les risques du travail du week-end sur la santé sont essentiellement liés aux interactions avec la vie familiale et sociale.

Les secteurs les plus concernés sont :

  • agriculture, sylviculture, pêche, avec 15 % des salariés qui travaillent 7 jours par semaine ;
  • activités immobilières, et fabrication d’aliments, tabac et boissons avec respectivement 21,5 % et 18,6 % des salariés qui travaillent 6 jours par semaine.

Temps de travail : que peut faire l’employeur ?

Certaines activités, comme l’élevage ou les commerces, laissent peu de marges de manœuvre. Cependant, il est possible en fonction des structures :

  • d’aborder les sujets de temps et d’organisation du travail dans le cadre de la négociation collective ;
  • d’échanger sur ce sujet avec l’inspection du travail, le CSE, les services de santé au travail, la CARSAT, l’OPPBTP ou la MSA ;
  • dans tous les cas, de rester vigilant sur l’état de santé et la fatigue de ses salariés pour réagir en cas d’alerte.

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