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Le stress chronique : indicateur incontournable en santé et sécurité

Publié le par dans Risques psychosociaux.

Le stress chronique correspond à un état de sur-stimulation de l’organisme. Il est un élément clé dans le dépistage des risques psychosociaux.

Les symptômes de stress chronique les plus faciles à recueillir sont :

  • physiques : maux de tête, troubles du sommeil, symptômes digestifs et malaises ;
  • émotionnels : crises de larmes ou de nerfs et sentiment de mal-être ;
  • comportementaux : surconsommation de médicaments psychoactifs et conduites addictives.

Les symptômes physiques

Les migraines et maux de tête

La définition de la migraine a été précisée en 2004 par l’International Headache Society. Les critères de diagnostic considèrent la fréquence, la durée des crises et le type de symptômes : mal de tête associant d’autres symptômes tels que les troubles visuels, les nausées, la photophobie, etc.

En général, le diagnostic de migraine a été posé par le médecin traitant. Les facteurs déclenchants d’une crise de migraine sont très variables selon les personnes et, pour une même personne, ils peuvent varier dans le temps. Dans des situations de stress chronique au travail, les migraineux peuvent présenter plus fréquemment des crises.

Les maux de tête isolés (en dehors d’états grippaux, de maladies cérébrales, etc.) sont fréquents et peuvent aussi dépendre de nombreux facteurs. Leur attribution au travail est un signe à prendre en compte.

Les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil sont classés selon leur forme, leur durée ou leurs causes. Selon l’American Academy of Sleep Medicine, la classification internationale des troubles du sommeil distingue : les dysomnies qui correspondent à l’altération de la qualité et/ou de la quantité du sommeil (difficulté d’endormissement, réveil matinal précoce, réveils fréquents) ou l’altération du sommeil liées à une perturbation de l’horloge circadienne (due à un travail en horaires atypiques par exemple) ; et les parasomnies que l’on décrit notamment à travers les terreurs nocturnes ou les cauchemars.

Un état de stress chronique entrainera une augmentation de la vigilance et une baisse de la qualité/quantité du sommeil ou des parasomnies. Les situations de violence augmentent l’anxiété et peuvent entrainer dans un premier temps des difficultés d’endormissement.

Les symptômes digestifs

Le stress chronique entraine une hyperactivation de tous les systèmes y compris celle de l’appareil digestif. Au bout de quelques semaines apparaissent des coliques puis s’installent des pathologies fonctionnelles telles que la colopathie.

Les malaises sur le lieu de travail

Les malaises avec ou sans perte de connaissance ont des origines variées (hypoglycémie, épilepsie, etc.). Cependant, des situations de travail soudainement difficiles (hyperconflits, actes de violence physique ou morale par exemple) peuvent déclencher des malaises, de type vagal le plus souvent.

Les symptômes émotionnels

Les crises de nerfs ou crises de larmes sur le lieu de travail

L’état de stress chronique altère le contrôle des émotions rendant les personnes très réactives.

Les sentiments de mal-être ou de souffrance attribués au travail

Si l’état de stress chronique se prolonge dans le temps, des problèmes de santé mentale peuvent apparaitre : dépression et troubles anxieux. Ces maladies s’accompagnent évidemment de sentiments de mal-être ou de souffrance morale. Cependant, en l’absence de toute maladie, des sentiments de mal-être ou de souffrance peuvent être les premiers signes, précurseurs de ces futurs états dépressifs et anxieux. A ce titre, ils doivent donc être pris en compte.

Les symptômes comportementaux

Un état de stress chronique peut entrainer la consommation de médicaments psychoactifs ou favoriser les conduites addictives vis-à-vis de l’alcool, du tabac, du café et des substances illicites.

La consommation de médicaments psychoactifs

« Un médicament psychoactif est un produit qui modifie le fonctionnement psychique en agissant sur les cellules du système nerveux central ». En situation de stress chronique, le sujet va essayer de réduire la tension qu’il ressent en prenant des sédatifs, des somnifères et/ou des anxiolytiques. Il peut également être traité par antidépresseurs pour des symptômes de dépression déjà présents. Mais pour relever les défis que lui impose sa vie professionnelle, il peut aussi recourir à des stimulants de type amphétamines.

Les conduites addictives

La conduite addictive peut être définie comme « la recherche d’un apport externe dont le sujet a besoin pour son équilibre et qu’il ne peut pas trouver au niveau de ses ressources internes ». La surconsommation de produits peut être définie de deux façons différentes : relativement à une norme existante, comme par exemple, celle de la consommation journalière d’alcool qui doit être inférieure ou égale à 2 verres pour les femmes ; ou même sans dépassement de normes, si elle est perçue par le salarié comme liée aux difficultés rencontrées dans le travail. Par exemple, une personne déclarant « boire régulièrement 1 ou 2 verres d’alcool par jour mais exclusivement pendant les jours de travail pour se déstresser » entrerait dans la définition.

D’autres indicateurs plus qualitatifs peuvent interpeller les acteurs de la prévention comme le recours à des substances illicites sur le lieu de travail ou des cas d’ivresse pendant le temps de travail.

Pris isolément, ces différents symptômes ne sont pas spécifiques d’un état de stress chronique et peuvent avoir d’autres origines. C’est leur association et/ou leur aggravation dans le temps qui feront sens. Bien que subjectifs, ils sont importants à « entendre », à recueillir et à comptabiliser car ce sont les premiers à apparaitre dans une situation de travail en cours de dégradation.

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