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La charge mentale des femmes… et des hommes

Publié le par dans Risques psychosociaux.

La charge mentale est une réalité « en embuscade » qui ne surgit que lorsqu’elle se transforme en surmenage, anxiété, dépression, burn-out.

Nous avons tous la possibilité d’agir sur nos comportements et notre attitude mentale. Ces changements auront un impact sur les émotions douloureuses ressenties lorsque l’excès de responsabilités nous fragilise. On s’allège et on se libère en faisant le tri dans ce qui nous préoccupe tout en laissant de côté volontairement certains fonctionnements et habitudes toxiques.

Qu’est-ce que la charge mentale ?

En 1984, la sociologue française Monique Haicault évoque ce concept et développe la notion de « deux univers, l’univers professionnel et l’univers domestique qui coexistent et empiètent l’un sur l’autre ». Elle définit la charge mentale comme le fait de devoir penser à un domaine alors qu’on se trouve physiquement dans l’autre. Ainsi, la charge mentale n’est ni un cumul ni une simple addition de tâches. C’est le fait de coexister dans deux mondes à la fois. C’est vivre en même temps deux charges.

Aujourd’hui, ce sont encore le plus souvent les femmes qui vivent cette gestion permanente de la dualité, avec des heures passées au travail, des heures passées à la maison et à cela s’ajoutent bien souvent le stress et la pression du dirigeant responsable. Cela représente à la fois un coût en « heures » qui est d’autant plus grand que les heures sont longues (travail prenant, implication ou non du conjoint, femme de ménage, nombre d’enfants, etc.), un coût en efficacité avec un effet multitâches, et un coût en obligation de résultat qui est d’autant plus prégnant que les enfants sont malades, qu’ils ont des mauvais résultats scolaires, que l’on doit faire très attention à l’argent, etc.

En 1998, l’ingénieure Sylvie Hamon-Cholet l’applique au monde du travail. Femmes et hommes sont concernés. Il existe dans la charge mentale des femmes, en plus d’un coût psychique (responsabilités, estime de soi, peur) et des conséquences physiques, une troisième composante, qui est physiologique.

Le rôle des horloges internes

Allons droit au but : nous avons tous des cerveaux différents. Il a été confirmé scientifiquement qu’il y avait davantage de différences entre deux cerveaux du même genre que deux cerveaux de genres différents. Il est donc impossible de distinguer un cerveau d’homme de celui d’une femme, que ce soit sur le plan anatomique et/ou fonctionnel.

Toutefois, il est constaté que les femmes sont préférentiellement exposées au risque de charge mentale.

Mais pourquoi ? Y aurait-il une hypothèse à poser du côté de l’existence permanente d’un comptage physiologique, qui n’existerait pas dans le fonctionnement des hommes ? Y aurait-il un lien entre le comptage implicite, hormonal, subtil et permanent dès la puberté jusqu’à la ménopause et le comptage permanent du quotidien, explicite et visible ? Dans nos contrées industrialisées, les femmes connaissent bien le caractère cyclique de leurs périodes d’ovulation, de leurs règles…En revanche, ce qu’elles ignorent c’est l’immense précision technologique qu’elles ont dans la tête et qui assure le bon fonctionnement de ce que l’on appelle le « comptage implicite ».

Ainsi, chez la femme, cette chronologie invisible permanente se transposerait dans leur fonctionnement mental et cognitif. Les femmes compteraient donc, naturellement, beaucoup plus que les hommes.
Toute la journée, pour la majorité des femmes, c’est la course contre la montre et une lutte contre le temps qui passe trop vite. Et nombreuses sont les femmes qui se disent stressées ou même survoltées par cet aspect de leur vie.

Que comptent donc les femmes et qui leur pèse tant ? TOUT, les femmes comptent tout, sans même s’en rendre compte ! C’est un phénomène qui n’est pas pathologique et qui peut même être considéré comme une ressource. Elles comptent tout ce qui est en rapport avec la reproduction mais aussi l’argent, le temps de préparation des repas, celui des courses, les biberons, le nombre d’heures à respecter entre les administrations de médicaments en cas de fièvre chez un enfant, etc.

D’une façon générale, les hommes ne fonctionnent naturellement pas sur ce mode. Ils comptent quand il s’agit de leur métier. Dans une maison, ils sont tout à fait capables de fonctionner de façon opérante et solidaire. Ils peuvent assumer 100 % des tâches si nécessaire. Mais ils n’ont pas ce fonctionnement précis d’anticipation aussi naturelle.

La tolérance habituelle à la douleur

Voici une autre différence entre femmes et hommes pouvant être à l’origine d’une plus grande résistance de ces premières à la charge mentale. Il existe une « habitude douloureuse » chez la femme que nous ne retrouvons pas chez l’homme et qui vient des cycles menstruels. C’est là encore un constat et non un jugement. Il arrive que les hommes souffrent. Mais les femmes sont naturellement et régulièrement plus exposées à la souffrance de leur corps que les hommes. De ce fait, en découlent deux conséquences : la première est une grande « endurance », c’est-à-dire une capacité à supporter longtemps quelque chose de pénible. La seconde se résumerait par cette remarque : « Je supporte mieux cela que toi, donc je m’y colle… », lien entre l’habitude douloureuse et le fait de supporter plus facilement la pénibilité d’une charge mentale.

Ainsi, la femme par son fonctionnement physiologique et chronobiologique spécifique, est de fait plus confrontée que l’homme à la charge mentale et plus susceptible d’en souffrir.

Alors mesdames, prenez-en conscience et prenez soin de vous ! Chacune d’entre vous devez apprendre à connaitre vos limites pour votre bien-être.