Santé & sécurité

  1. Accueil
  2. Actualités

Actualités

L’impact des exosquelettes sur la santé et la sécurité des salariés

Publié le par dans Risques professionnels.

Les exosquelettes sont des systèmes textiles ou mécaniques qui visent à donner une assistance physique au salarié dans l’exécution d’une tâche, par une compensation de ses efforts ou une augmentation de ses capacités motrices. Ces systèmes sont portés par les salariés.

La nouvelle technologie des exosquelettes cherche à limiter l’exposition des salariés aux contraintes biomécaniques, toute en préservant leur savoir-faire, leur autonomie de décision et leur mobilité. Les contraintes biomécaniques associées à l’activité de travail figurent parmi les facteurs de risques qui provoquent la survenue des troubles musculosquelettiques (TMS).

Les exosquelettes se différencient en fonction :

  • du type d’assistance physique développée, comme par exemple, le système robotisé (couple commande-moteur) ou encore le système de restitution d’énergie mécanique (ressorts, élastiques) ;
  • de la partie du corps qu’ils visent à assister, comme par exemple pour soulager le dos, les membres inférieurs et supérieurs ou le corps entier.

Prévenir les troubles musculo-squelettiques

Il existe actuellement dans le commerce deux types d’exosquelettes, à savoir les exosquelettes d’assistance du dos pour la prévention des lombalgies et les exosquelettes des membres supérieurs. Avant d’utiliser ces technologies pour prévenir les TMS au sein des entreprises, les préventeurs doivent analyser l’activité de travail des salariés en prenant en compte l’ensemble des facteurs tels que les caractéristiques de l’organisation du travail, les facteurs environnementaux ou encore les contraintes temporelles et, sur la base de cette analyse, proposer des pistes de prévention collectives.

Il est nécessaire également de mettre en évidence l’intérêt et les limites de l’usage des exosquelettes afin de mieux appréhender l’impact pour la santé et la sécurité des salariés.

Les exosquelettes d’assistance du dos, par exemple, ont été développés pour réduire les efforts des muscles lombaires et pour assister l’extension de la hanche et le redressement de la colonne vertébrale dans le plan sagittal (plan d’action vertical d’avant en arrière du salarié). Les dispositifs élastiques sont plus utilisés actuellement en entreprise que les exosquelettes de type robotisés. Les dispositifs élastiques sont disposés dans le dos ou sur la partie ventrale du tronc du salarié, en utilisant un élément élastique central pour l’aider quand il effectue un mouvement.

Réduction de l’effort

La littérature scientifique semble s’accorder sur l’efficacité de ce type d’exosquelette pour limiter les contraintes musculaires lombaires lors de tâches de manutention mais uniquement lorsqu’elles sont opérées dans le plan sagittal. Les données expérimentales connues à ce jour concernant ce type d’exosquelette permettent de constater qu’il existe une réduction de l’effort de muscles lombaires de 10 à 40 % en moyenne.

Par ailleurs, les exosquelettes robotisés pourraient générer des niveaux d’assistance plus importants lors du redressement du corps, sans accroitre le travail des muscles antagonistes car ils ne nécessitent pas de mise en tension préalable. Certains auteurs ont rapporté des réductions de 30 à 60 % de l’activité des muscles lombaires avec un exosquelette robotisé lors de tâches de manutention en flexion/extension du buste, en comparaison avec une tâche similaire sans équipement.

Il convient cependant de rester prudent par rapport aux résultats présentés, compte tenu de la taille réduite des échantillons. Ce type d’exosquelette, bien que prometteur, reste en phase de développement. Leur manque d’autonomie énergétique et leurs poids excessifs constituent à ce jour, des freins importants à une application industrielle.

D’une manière générale, les études réalisées tendent à confirmer l’intérêt potentiel des exosquelettes du dos dans la prévention des lombalgies. L’analyse des données expérimentales indiquent qu’il faut porter une attention particulière aux modalités de la tâche à réaliser, aux caractéristiques du salarié et à l’influence des caractéristiques mécaniques des dispositifs non robotisés afin d’optimiser le niveau d’assistance fourni.

De même, l’utilisation de ce type d’exosquelette pourrait être potentiellement responsable de compensions musculaires antérieures et donc d’un déséquilibre de la charnière abdominale ainsi que des modifications significatives des stratégies posturales aux différents étages de la chaîne posturale (genou, hanche, rachis vertical, cheville, etc.).

Vous souhaitez favoriser les bonnes pratiques pour prévenir les troubles musculo-squelettiques au sein de l'entreprise ? Offrez aux salariés nos « dépliants troubles musculo-squelettiques », un support simple et pratique pour qu’ils adaptent leurs gestes afin de les protéger d’éventuelles douleurs ou blessures.


Références : Exosquelettes au travail : impact sur la santé et la sécurité des opérateurs. Etat des connaissances – ED 6311 octobre 2018 INRS