Santé & sécurité

  1. Accueil
  2. Santé & sécurité
  3. Actualités
  4. ST

Actualités

Risques professionnels

Fumées de soudage : un risque cancérigène avéré

Publié le 13/12/2017 à 08:30 par

Le Centre international de recherche sur le cancer va classer les fumées de soudage comme agents cancérogènes avérés pour l'homme. Cela vient allonger la liste des risques liés au soudage et rappelle la nécessité de réduire l'exposition des salariés à ces polluants. Faisons le point sur les effets de ces fumées et sur les mesures de prévention possibles.

Fumées de soudage : de quoi s'agit-il ?

Lors de l'activité de soudage, les hautes températures au point de fusion génèrent des fumées contenant des gaz et des poussières susceptibles d'atteindre les alvéoles pulmonaires des soudeurs et des salariés travaillant à proximité.

Ces fumées sont plus ou moins nocives en fonction de différents paramètres, tels que le procédé de soudage, la composition de l'électrode ou la présence de revêtements ou de contaminants sur le métal de base.

Ainsi, ces fumées peuvent contenir divers polluants : chrome VI, aluminium, monoxyde de carbone, ozone, etc.

Fumées de soudage : effets sur la santé

Selon la composition des fumées, différentes pathologies respiratoires peuvent arriver :

  • œdème ou fibrose pulmonaire ;
  • irritation ou allergie, avec apparition possible d'asthme ;
  • bronchite chronique ou pneumonie toxique ;
  • etc.

De plus, plusieurs composants potentiels de ces fumées, dont le chrome VI, sont reconnus comme cancérogènes.

Désormais, en se basant sur de nombreuses études, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) va classer les fumées de soudage « cancérogènes avérés », et confirme leur influence dans l'apparition des cancers du poumon pour les soudeurs et leur entourage.

Notez-le
L’activité de soudage est également à l'origine de rayonnements UV. Le CIRC a démontré que ceux-ci augmentent de 2 à 10 fois le risque de survenue d'un mélanome oculaire.

Fumées de soudage : cadre de la prévention

Deux types de règles s'appliquent :

  • celles concernant l'aération des locaux à pollution spécifique ;
  • et celles relatives au risque chimique, en particulier les dispositions applicables aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR).

Ainsi, quelle que soit la composition des fumées de soudage, l'employeur doit par tout moyen (humidification de l'air, aération, etc.) maintenir la concentration moyenne en poussières alvéolaires, pour huit heures d'exposition, en-dessous de 5 milligrammes par mètre cube d'air (Code du travail, art. R. 4222-10).

Compte tenu de la dangerosité de ces fumées, il faut mettre en œuvre la déclinaison des principes généraux de prévention aux agents CMR et notamment :

  • une évaluation régulière de l'exposition ;
  • la substitution par des procédés ou produits moins dangereux ;
  • la limitation du nombre de salariés exposés ;
  • la mise en œuvre de protections collectives et, à défaut, le port d'équipements de protection individuels ;
  • la délimitation des zones dangereuses et la restriction de leur accès.
Attention
La valeur limite d'exposition de chaque constituant des fumées doit également être respectée. A titre d'exemple, pour le chrome VI, cette valeur est de 5 microgrammes par mètre cube pour une exposition brève.

Fumées de soudage : ce que peuvent faire les entreprises

Il faut adapter les mesures de prévention aux procédés, aux situations d'exposition et au lieu de travail.

Les principales mesures de prévention possibles sont, par ordre de priorité :

  • réduire l'émission de fumées de soudage (remplacement du poste à souder, modification du diamètre de l'électrode, etc.) ;
  • capter les fumées de soudage à la source, par exemple avec une torche aspirante ou une cabine de soudage, et évacuer les fumées restantes par l'aspiration générale ;
  • veiller au port, limité à des situations courtes, d'un appareil de protection respiratoire avec filtre aérosol de classe P3 ;
  • former les soudeurs aux risques et aux mesures de prévention.
Notez-le
Pour protéger le soudeur des UV, le masque à souder doit comporter un filtre oculaire.

Vous avez une question en droit du travail ? Notre service d'experts peut vous fournir une information réglementaire adaptée par téléphone.

Rendez-vous sur Tissot Assistance Juridique pour obtenir un complément d'information et souscrire à l'offre.