Santé & sécurité

  1. Accueil
  2. Actualités

Actualités

Sécurité et santé au travail

Fidélisation et engagement au travail : être juste est plus payant qu’être fun

par

Pour fidéliser et engager les salariés, on assiste depuis quelques années à des pratiques désireuses d’améliorer les conditions environnementales de travail, considérant qu’un environnement « fun » serait promoteur de davantage d’engagement, de fidélisation et même de santé des collaborateurs. Or ces pratiques d’amélioration de l’environnement de travail sont davantage centrées sur la recherche de joliesse et de rentabilité que d’ergonomie.

On bâtit des open spaces géants agrémentés d’un faible nombre d’espaces de réunion tant et si bien que les salariés, lorsque leur vigilance n’est pas altérée par les bruits et mouvements environnants, doivent perdre du temps à chercher un espace libre pour recevoir un appel ou se concentrer. Certes ces nouveaux espaces sont souvent « instagramables » et richement décorés mais ils sont conçus pour diminuer le ratio salarié/mètre carré et non sur la base de critères d’ergonomie notamment cognitive. Certains travaux annoncent même des pertes de productivité de 60 % avec l’open space.

Pour contrecarrer les effets de ces locaux jolis mais inadaptés et tenter de fidéliser et d’engager au mieux leurs employés, certaines entreprises instaurent des « wellness programs » mixant yoga, massages, cours de nutrition ou de fitness. S’ils sont eux aussi « instragramables » et donnent une image en vogue de la marque employeur, une récente étude vient pourtant conclure à leur totale inutilité aussi bien du point de vue de la santé que de l’absentéisme et de la fidélité à l’employeur. Est-ce à dire qu’il faut renoncer à chercher à fidéliser et engager les collaborateurs ? Pas nécessairement car il existe d’autres moyens d’y arriver et la justice organisationnelle peut nous y aider.

On sait aujourd’hui qu’une forme de justice au travail entretient des liens forts avec la santé, la fidélité et l’engagement des salariés : la justice procédurale. Il s’agit de la perception de justice que l’on a en fonction de la façon dont les ressources sont attribuées. Plus le mode de fonctionnement est juste au sens d’impartial, meilleure est l’impression de justice. Plus il est constitué de passe droits, pire est le sentiment de justice. Une entreprise qui met ses collaborateurs à contribution dans la définition et la sélection des moyens pour réaliser le travail, dans la distribution des récompenses et des sanctions et dans la manière d’arriver aux objectifs, réussit plus facilement le triple pari de fidéliser, d’engager et de prévenir le stress au travail. La justice procédurale serait même selon certains auteurs un des trois leviers les plus efficaces d’y arriver. En effet, une personne impliquée dans les décisions se sent plus reconnue, plus investie et plus satisfaite de son travail. Faire preuve de justesse et de justice dans ses pratiques quotidiennes est un peu moins « sexy » sur les réseaux sociaux mais tellement plus efficace dans la « vraie vie ». Il revient alors à chacun de faire le choix entre une mise en scène inutile et une sobriété efficace.