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Entreprises et prévention des conduites addictives : avis de la plateforme RSE

Publié le par dans Risques professionnels.

De l’usage à la dépendance, les consommations addictives concernent plus de 20 millions d’actifs parmi les 29 millions en France. La plateforme RSE de France Stratégie émet un avis sur l’engagement des entreprises en faveur de la prévention des conduites addictives. Pourquoi ? Parce que, au-delà des facteurs individuels favorisant l’installation d’une addiction, l’environnement de travail peut lui aussi jouer un rôle.

Du dépistage à la prévention des conduites addictives

En mai 2018, la Plateforme RSE a été saisie par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives pour proposer des mesures encourageant les entreprises à s’engager dans des démarches volontaires pour prévenir et réduire les consommations à risque d’alcool, de tabac et de stupéfiants : recensement de bonnes pratiques des entreprises et outils disponibles, cas particulier des entreprises produisant/distribuant de l’alcool.

L’objectif affiché était clair : « sortir de la logique de dépistage et de sanction au profit d’une démarche alliant prévention et accompagnement, individuels et collectifs ».

Nombreux sont en effet les dirigeants/DRH qui se sont trouvés dépourvus face à des situations individuelles de consommation, à la frontière entre disciplinaire et prise en charge médicale notamment… Avant d’en arriver là, comment faire ? Extrait : « L’injonction législative faite à l’employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs doit l’encourager à mettre en place une démarche de prévention des conduites addictives. La réussite de cette démarche repose sur l’implication de tous les acteurs de l’entreprise : service de santé au travail, services sociaux, encadrement, représentants du personnel, salariés. (…) Il est essentiel de clarifier le discours de l’entreprise sur ce sujet et de montrer que l’addiction sera traitée comme toute autre pathologie. Enfin, la mise en œuvre d’une telle démarche de prévention doit être adaptée à la taille ainsi qu’à la culture de chaque entreprise. »

Recommandations de la plateforme RSE

Permettre d’améliorer les conditions de travail et la performance de l’entreprise entre bien dans le cadre de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ! Une quinzaine de recommandations sont émises.

A toutes les entreprises :

  • porter une attention particulière à la qualité de vie au travail (QVT) de leurs salariés et à la vulnérabilité des jeunes – stagiaires, apprentis, alternants –, particulièrement exposés à ce risque ;
  • associer les parties prenantes internes (salariés, médecine du travail, comité social et économique, DRH, manageurs) à la définition et à la mise en œuvre de leurs actions d’information et de prévention ;
  • veiller à la sensibilisation et à la formation du personnel médical des services de santé au travail et associer des tiers (associations de patients, etc.) aux actions menées dans l’entreprise ;
  • relayer dans l’entreprise les messages des campagnes nationales de prévention et participer aux programmes d’action proposés par les organismes de protection sociale ;
  • faire figurer leurs politiques de prévention des consommations à risque dans la valorisation de leurs politiques de responsabilité sociétale.

Au Gouvernement :

  • veiller à ce que, dans les politiques publiques de lutte contre les addictions, la prévention prime sur la répression, et que cette orientation s’applique aussi aux obligations du monde de l’entreprise ;
  • mener à bien la réforme de la médecine du travail et mettre en place des dispositifs de dialogue entre la médecine du travail et la médecine de ville ;
  • intégrer la lutte contre les conduites addictives dans la formation initiale des futurs managers (écoles de commerce, de gestion et d’ingénieurs), ainsi que dans la journée de formation suivie par les futurs responsables d’un point de vente d’alcool ou de tabac avant l’obtention du KBIS ;
  • intégrer des cas concrets du monde professionnel dans les campagnes de santé publique contre les addictions.

Des préconisations spécifiques sont destinées aux entreprises productrices ou distributrices d’alcool ou de tabac.

Les fédérations professionnelles sont également invitées à renforcer l’accompagnement et la sensibilisation de leurs adhérents ou encore rendre publiques les initiatives menées avec eux pour lutter contre les conduites addictives.

Vous souhaitez parler ouvertement des dangers des addictions ? Les Editions Tissot vous conseillent leurs « Dépliants conduites addictives ».

www.strategie.gouv.fr