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Article ancien - Il se peut que les informations et les liens ne soient plus à jour

Entreprise et CHSCT face aux risques psychosociaux

Publié le par dans Risques psychosociaux.

De par leurs missions et leurs responsabilités, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sont en première ligne, avec les directions, sur le front de la santé psychologique au travail. Sens & idées a mené une enquête sur leur action concernant les risques psychosociaux (stress, harcèlement, violences, burn-out, mal-être au travail). Elle montre des grandes disparités dans la manière dont CHSCT et entreprises envisagent les risques psychosociaux.

L’entreprise en déni des risques psychosociaux

Selon l’étude menée par Sens & idées, 80 % des entreprises déclarent aborder les risques psychosociaux (RPS). Ce résultat très encourageant cache une réalité plus complexe : 60 % des CHSCT avouent rester à l’état de discussion, principalement parce que le sujet demeure tabou pour les directions :

  • certaines craignent que le simple fait d’aborder la question insinue que l’entreprise a un problème ou du moins qu’elle pourrait être concernée ;
  • d’autres pensent que leurs collaborateurs pourraient y voir une porte ouverte pour justifier de tous leurs maux ;
  • pour d’autres encore, réaliser une évaluation reviendrait à ouvrir la boite de pandore ;
  • enfin, certaines entreprises avouent que « les RPS ne sont pas la priorité [ni de la direction ni du CHSCT] car il y a d’autres risques plus importants et plus directs à traiter ». Elles ne voient tout simplement pas leur intérêt à mettre en place une démarche préventive.

Sur l’ensemble des entreprises interrogées, 10 % seraient dans un déni total des risques psychosociaux alors que le problème existe pourtant bel et bien. Sur l’ensemble de l’échantillon, 3 % des CHSCT ont décrit des situations de crise et 14 % ont affirmé avoir déjà connu des problèmes liés à des climats sociaux délétères, des situations de harcèlement ou de mal-être collectif. Mais, au lieu d’anticiper ces difficultés, 13 % des entreprises attendent de se retrouver en situation de crise pour agir.

Harmoniser les actions des entreprises et des CHSCT

L’étude révèle que CHSCT et directions ont globalement une vision encore limitée des risques psychosociaux, vision qui se cantonne aux aspects réglementaires, c’est-à-dire à des formations, à des évaluations (plutôt restreintes), à des informations sur les obligations légales et la révision du document unique.

Conscients de leur rôle et du lien entre dysfonctionnements organisationnels, managériaux et risques psychosociaux, 89 % des CHSCT interrogés manifestent une volonté d’agir sur les RPS. D’ailleurs, au sein des entreprises qui ont pris des mesures,  41 % des actions ont été déclenchées par les CHSCT, contre 25 % par les directions. Plus volontaires, donc, et sans doute aussi plus au fait du sujet, les CHSCT s’en sont emparés au détriment des Ressources Humaines, incarnant ainsi pour les collaborateurs les garants du bien-être au travail.

14 % des CHSCT n’hésitent d’ailleurs pas à entrer en conflit avec la direction et 34 % des CHSCT seulement mènent des actions conjointes avec la Direction. Ces conflits révèlent une différence de point de vue entre CHSCT et entreprise concernant la manière d’aborder la prévention. Les CHSCT souhaitent majoritairement (71 %) un accompagnement extérieur pour mener ces actions (CARSAT, médecin, consultants…). A l’inverse, les directions des entreprises privilégient à 67 % une gestion en interne avec leurs différents services (CHSCT, services de santé lorsqu’ils existent).

Progresser sur la compréhension des RPS

Si les entreprises n’agissent pas, elles ont beaucoup à perdre. L’initiative étant pour l’heure du côté des CHSCT, les directions apparaissent souvent comme suiveuses, et finalement peu soucieuses de la santé au travail. Une image qui peut leur porter préjudice à une époque où le sentiment de fracture entre l’entreprise et la société se ravive, où le lien à l’entreprise et la valeur travail sont en crise, où de nouvelles générations plus exigeantes arrivent, et alors que les entreprises ont besoin de fédérer et de mobiliser leurs équipes pour relancer leur activité.

Minimiser les questions de mal-être au travail rend les discours positifs stériles et nourrit la défiance. Les choses pourraient cependant évoluer, car 55 % des entreprises envisageraient de collaborer avec un intervenant extérieur. La thématique des RPS tendrait-elle à devenir moins anxiogène ?

Le chiffre semble indiquer en tout cas une dynamique positive sur ces enjeux. Ceci est d’autant plus encourageant que le sujet est encore récent. Même si de plus en plus d’entreprises font des efforts pour l’intégrer dans leur politique sociale, elles n’ont pas encore compris qu’il s’agit avant tout d’un problème collectif lié au management des organisations, aux situations de travail et qui touche autant les collaborateurs que le management. La meilleure manière de prévenir le mal-être — tout en développant les performances de l’entreprise — est d’envisager ses projets de manière participative.

Afin de vous aider à prévenir et diagnostiquer les risques psychosociaux, les Editions Tissot vous proposent un schéma récapitulatif extrait de leur documentation « Schémas commentés en Santé et Sécurité au travail » :

                                                                                                          Benjamin Gay

Editions Tissot 

Méthodologie : Cette étude réalisée de janvier à mars 2013 s’appuie sur plus de 100 entretiens de secrétaires et de présidents de CHSCT d’entreprise de services et industrielles de plus de 200 personnes de la région Rhône-Alpes et d’Ile de France.