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Entreprise et cancer : comment faire face à la maladie de ses collaborateurs ?

Publié le par dans Risques professionnels.

Associer « Entreprise » et « Cancer » peut encore paraître difficile au premier abord. Pourtant, nombre d’organisations se trouvent totalement démunies lorsque leurs collaborateurs doivent faire face à la maladie. Alors… Comment réagir ? Nathalie Vallet-Renart, co-fondatrice de l’association « Entreprise et cancer », nous apporte son éclairage.

Pour commencer, pouvez-vous nous préciser combien d’actifs apprennent, chaque année en France, qu’ils sont atteints d’un cancer ?

Environ 160 000 actifs : cela correspond à 1/3 du nombre de Français qui apprennent chaque année qu’ils ont un cancer (soit 400 0000 Français) !

Quel conseil donneriez-vous à un employeur confronté à l’annonce de la maladie de l’un de ses collaborateurs ?

Si c’était un conseil en priorité, ce serait celui-là : maintenir le lien tout au long de la maladie, pendant le temps de l’absence. Ou plus exactement de proposer au salarié de maintenir le lien comme il le souhaite (par e-mail, téléphone, etc.) et lui faire savoir qu’on aura envie de prendre de ses nouvelles s’il est d’accord.

Quelles mesures peuvent permettre de préparer un éventuel retour à l’emploi du collaborateur ?

D’une part, la visite de pré-reprise auprès du médecin du travail qui peut être demandée par le salarié (NDLR : ou par le médecin traitant et le médecin conseil, mais pas encore par l’employeur à ce jour).

Côté organisation, il s’agit surtout d’anticiper. Si le lien a été maintenu, cela veut dire que l’entreprise connaît la date de retour du salarié. De même, si la visite de pré-reprise a eu lieu, l’organisation peut aussi être adaptée.

Autre point important : celui de l’accueil du salarié, le jour du retour, par le manager ou par le RH pour lui souhaiter la bienvenue, lui expliquer ce qui a évolué, comment ça va se passer, etc.

Comment le collectif de travail au sein de l’entreprise peut-il, lui aussi, être préparé au retour au poste d’un collègue ?

Idéalement par une communication du manager ou des RH (« Cette personne revient, nous allons tout faire pour l’accueillir le mieux possible ») en précisant ce qui a été prévu.

Cette possibilité de dialogue et de co-construction, toujours dans l’anticipation, permet de préparer l’ensemble de l’équipe.

Il est aussi possible de faire appel à un professionnel - extérieur - pour faciliter l’expression des émotions et des peurs. C’est un élément facilitant, là-encore.

Concrètement, des aménagements sont-ils possibles lors de la reprise de travail ?

Oui : il peut s’agir d’un aménagement du temps de travail, par exemple avec le temps partiel thérapeutique. Ou encore d’un aménagement dans le contenu des missions. Par exemple pour un manager, il peut s’agir d’un allègement temporaire des responsabilités.

Est-il possible d’anticiper toutes ces questions dans une entreprise, avant même qu’un cas de cancer survienne ? Y compris dans une TPE-PME ?

Dans la réalité, ce n’est malheureusement pas le cas, tant que l’entreprise n’y est pas confrontée.

Le message le plus important à donner par l’entreprise, en amont, serait celui-ci : « Si vous avez un accident de vie, on sera là pour en parler et trouver la meilleure réponse pour chacun ».

Nous savons aussi que chaque maladie est singulière, va se passer différemment pour chaque personne. Le sur-mesure est donc nécessaire.

La survenue de la maladie, c’est la survenue de l’incertitude. Or, en entreprise, nous essayons justement d’éliminer toute incertitude au quotidien…

Pour les TPE-PME, les questions sont nombreuses, notamment si c’est le dirigeant lui-même qui est touché par la maladie : Qui sera son successeur ? Comment répartir les missions ? A-t-on les moyens d’embaucher ? Certaines questions demeurent sans réponse…

S’il y avait un mot de la fin pour conclure ?

Confiance et qualité de relation. Pouvoir continuer à se parler pour trouver ensemble les meilleures solutions

Un lieu de travail, c’est un lieu de vie. Il s’agit donc de savoir comment vivre le mieux possible ensemble au travail. La responsabilité est donc partagée dans la réussite de la solution qui sera mise en place.

Les Editions Tissot remercient Nathalie Vallet-Renart pour son aimable contribution.