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Maladie professionnelle

Burn-out : impliquer tous les acteurs pour une meilleure prévention

Publié le 10/07/2017 par

La Haute Autorité de la Santé a publié en mars 2017 un rapport à destination des médecins, pour y établir des recommandations sur le repérage, la prévention, la prise en charge du syndrome d’épuisement professionnel et le retour à l’emploi après guérison. Ce rapport est l’occasion de réaliser quelques rappels utiles pour les entreprises et les préventeurs.

Burn-out : définition

Le rapport définit le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, comme un état d’épuisement physique, émotionnel et mental, attribué à la profession exercée et aux conditions de son exercice.

Traditionnellement identifié dans les professions exigeantes sur le plan émotionnel, il se manifeste par l’épuisement émotionnel, le cynisme à propos du travail et la diminution de l’accomplissement personnel au travail.

S’il est repéré tardivement, il peut entraîner un arrêt de travail et peut faire l’objet d’une reconnaissance en maladie professionnelle (voir notre article « Burn-out : la reconnaissance en maladie professionnelle est-elle possible ? »).

Burn-out : cadre légal et prévention

Comme pour toute maladie psychique en lien avec le travail, l’employeur doit prendre «  les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale » (Code du travail, art. L. 4121–1).

Pour guider la prévention, il est utile de se souvenir du septième principe général, à savoir « Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants » (Code du travail, art. L. 4121–2).

   

La prévention collective du burn-out, comme pour les risques psychosociaux, se structure autour des six catégories de facteurs de risques :

  • intensité et temps de travail ;
  • exigences émotionnelles ;
  • autonomie ;
  • rapports sociaux au travail ;
  • conflits de valeurs ;
  • insécurité de la situation de travail.

Le rapport souligne que les interventions combinées à la fois vers l’individu et l’organisation montrent une meilleure efficacité et recommande, sur le plan individuel, la mise en place de groupes de pairs et d’ateliers de relaxation.

La vigilance du service ressources humaines, de l’encadrement et des autres préventeurs, sur les signaux d’alerte, notamment individuels, constitue un complément de la démarche de prévention.

Ainsi, il est important de former les acteurs de la prévention au repérage des signes avant-coureurs du burn-out et de les inviter à réorienter les salariés concernés vers la médecine du travail.

Pour cela, les Editions Tissot vous proposent leurs « dépliants risques psychosociaux ».

Burn-out : prise en charge

La prise en charge d’un salarié en burn-out relève du corps médical. Les professionnels de la santé déterminent les modalités de soin, pouvant conjuguer arrêt de travail, interventions psychothérapeutiques et traitement médicamenteux.

Le saviez-vous ?
Le rapport reconnaît la méditation pleine conscience comme intervention de nature à réduire significativement le burn-out chez les populations auprès de qui différentes études ont été réalisées, à savoir les professionnels de soin et les enseignants.

Burn-out : accompagner le retour au travail

Pour les situations où le salarié en burn-out peut reprendre son poste au sein de l’entreprise, l’employeur a un rôle actif à jouer pour accompagner le retour au travail.

Comme pour la prévention, il est recommandé de combiner les actions sur l’organisation et celles sur l’individu.

L’analyse du poste et des conditions de travail sont un élément essentiel pour faciliter le retour après un épuisement professionnel. Il est notamment possible, avec les membres de l’équipe du salarié, d’identifier les facteurs organisationnels qui ont pu précipiter le burn-out et de travailler à leur réduction. Cette démarche de retour d’expérience prévient les risques pour tout le collectif et facilite la réintégration.

Sur le plan individuel, le rapport pointe la nécessité de préparer le retour au travail et met en lumière les rôles de l’ensemble des acteurs de la prévention pour se coordonner sur les conditions de la reprise : temps partiel thérapeutique, aménagements, suivi renforcé, formations à mettre en œuvre, etc. 

Michael Bouvard

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