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Bruit en open-space : inefficacité des systèmes de masquage sonore

Publié le par dans risques professionnels

Pour lutter contre la gêne liée au bruit en open-space et diminuer les difficultés de concentration, plusieurs entreprises commercialisent des systèmes de masquage sonore. Cette solution a été testée par l’INRS sur une longue durée en conditions réelles, en démontrant l’inefficacité. Découvrez les principaux résultats de l’étude et les mesures de prévention identifiées.

Bruit en open-space : quelles conséquences ?

Conversations entre salariés, appels téléphoniques, sonneries, bruits d’imprimante, ventilation. Autant de nuisances sonores présentes dans les espaces ouverts de bureaux, ce qui concerne plus d’un tiers des salariés.

Le niveau sonore atteint comporte rarement des risques pour l’audition.

Cependant, d’autres effets ont été identifiés :

  • fatigue auditive ;
  • stress et augmentation de la charge mentale ;
  • fatigue, somnolence et baisse de vigilance ;
  • etc.

Les nuisances sonores ont également un impact négatif sur la productivité des entreprises.
Ainsi :

  • selon l’étude Mark et al de 2005, un salarié en open-space est interrompu en moyenne toutes les 11 minutes et met 25 minutes pour revenir à son travail ;
  • selon l’étude Jones et al de 2008, les salariés ont plus de difficultés à utiliser leur mémoire en présence d’un bruit de fond intense, ce qui peut se traduire par des erreurs dans le travail.
Notez-le
Même en l’absence de risque pour l’audition, les principes généraux de prévention (Code du travail, art. L. 4121-2) restent applicables.
Notamment :
- adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail (…) ;
- planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail (…).

Système de masquage sonore : les constats de l’INRS

Selon une étude conduite par l’ANSES en 2015, les conversations intelligibles sont les sources de bruits les plus gênantes. Aussi, les systèmes de masquage sonore, qui diffusent un bruit de ventilation, visent à réduire l’intelligibilité des conversations pour diminuer les perturbations et la fatigue cognitive.

Constatant l’absence d’étude sur ces systèmes sur des durées longues, l’INRS a testé le dispositif en conditions réelles pendant plusieurs mois dans un open-space d’une grande entreprise bancaire, sur une activité de gestion de dossier clients nécessitant une forte concentration.

Etude de terrain pour l'évaluation de l'effet du masquage sonore sur la santé et le bien-être au travail dans les bureaux ouverts

L’étude aboutit aux conclusions suivantes :

  • le bruit émis par le système n’engendre pas de diminution du volume sonore ;
  • la gêne sur les bruits d’équipement est plus importante ;
  • aucune baisse de la gêne liée aux bruits des conversations n’a été constatée ;
  • aucun effet sur la fatigue générale, la fatigue mentale, la vigilance, la tension et la somnolence n’a été constaté

L’INRS conclut à une absence d’effets significatifs et met en garde les entreprises et les salariés contre ces dispositifs qui ne réduisent pas le volume sonore mais diffusent un bruit supplémentaire.

Bruit en open-space : quelle prévention ?

Pour réduire la gêne acoustique en bureau ouvert, l’INRS préconise de s’appuyer sur la norme NF S31-199, 2016.

Il est conseillé de tout d’abord analyser l’activité pour déterminer les besoins locaux de collaboration et d’isolement.

Dans le respect des principes généraux de prévention, les mesures collectives sont les plus efficaces.

Les principales sont :

  • le traitement acoustique de plafonds, sols et murs pour améliorer l’isolation ou l’absorption du bruit ;
  • le confinement des équipements bruyants ;
  • l’installation d’écrans acoustiques entre les postes de travail ;
  • la mise en place d’une organisation du travail limitant la durée et l’intensité de l’exposition ou prévoyant des périodes de repos.

Des mesures individuelles restent possibles :

  • mise à disposition de bouchons d’oreille ;
  • pour les activités téléphoniques, mise à disposition de casques avec micro assez performants ;
  • sensibilisation des salariés pour que chacun parle moins fort ;
  • invitation à faire régulièrement une pause auditive.

Pour bien comprendre le risque bruit, les Editions Tissot vous proposent un kit spécial avec :

  • un dossier sur le sujet qui vous donnera notamment les actions préventives ou correctives à mettre en place ;
  • 1 fiche mémo pour garder à l’esprit les points essentiels (format PDF) ;
  • 1 quiz de 21 questions pour faire le point sur les connaissances des salariés ;
  • 1 affiche pour interpeler les salariés sur les risques encourus et leurs obligations : Affichage sur la prévention du risque bruit

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Etude de terrain pour l'évaluation de l'effet du masquage sonore sur la santé et le bien-être au travail dans les bureaux ouverts