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Bien mesurer les vibrations pour une meilleure prévention

Publié le par dans Maladie professionnelle.

Chariots automoteurs, tracteurs agricoles, ponceuses, tables vibrantes : les situations de travail exposant des salariés aux vibrations sont nombreuses. Pour une prévention la plus fine possible, il est avant tout nécessaire de bien évaluer les expositions. Mais comment les mesurer et quelles sont les pistes de prévention ? Découvrez quelques solutions dans cet article.

Vibrations : qui est concerné ?

Deux types de vibrations peuvent avoir des effets sur la santé des salariés :

  1. celles transmises au corps entier par des machines mobiles (tracteur, camion, chariot automoteur, etc.) ;
  2. celles transmises aux mains et aux bras par des machines portatives (marteaux-piqueurs, tronçonneuses, etc.) ou par des pièces tenues à la main. L’INRS estime que près de 2 millions de salariés sont exposés à ces dernières.

Les principaux secteurs d’activité concernés sont le BTP, les mines et carrières, la fonderie, la métallurgie, l’agriculture, la sylviculture, l’entretien des espaces verts, la logistique et le transport routier.

Vibrations : quels effets sur la santé ?

Les vibrations transmises au corps entier peuvent engendrer des lombalgies ou des hernies discales. Les pathologies en résultant figurent dans les tableaux de maladies professionnelles : tableau 97 du régime général ou tableau 57 du régime agricole.

Parmi les conséquences des vibrations transmises aux membres supérieurs, on note :

  • des sensations de picotement des doigts, une réduction de la dextérité, une perte de la sensibilité au chaud ou au froid ;
  • la maladie de Kienböck, entraînant des douleurs au poignet (54 cas reconnus en 2011) ;
  • des arthroses du coude (41 cas reconnus en 2011) ;
  • l’apparition du syndrome de Raynaud, ou maladie des doigts blancs (20 cas reconnus en 2011) ;

Les principales pathologies peuvent être reconnues comme maladies professionnelles : tableau 69 du régime général ou tableau 29 du régime agricole.

Notez-le
La reconnaissance de l’une des quatre maladies professionnelles évoquées ouvre la possibilité d’un départ anticipé à la retraite dans le cadre du compte personnel de prévention.

Vibrations : quelle prévention ?

La première étape est d’évaluer et de mesurer l’exposition de ses salariés (Code du travail, art. R. 4444-1).

Si, pour 8 heures d’exposition quotidienne, la valeur dépasse :

  • 5m/s² pour les mains et les bras ;
  • 1,15m/s² pour le corps entier,

l’employeur doit immédiatement analyser la cause de ces dépassements et y remédier (Code du travail, art. R. 4443-1).

Si les valeurs quotidiennes dépassent (Code du travail, art. R. 4443-2) :

  • 2,5 m/s² pour les mains et les bras ;
  • 0,5 m/s² pour le corps entier,

un plan d’action pour réduire l’exposition doit être mis en œuvre (Code du travail, art. R. 4445-1).

En s’appuyant sur les principes généraux de prévention appliqués au risque vibration, les principales actions sont :

  • trouver d’autres procédés de travail, par exemple l’utilisation d’un convoyeur ;
  • remplacer les machines par des équipements moins vibrants ou plus adaptés au sol ou à la nature de la tâche ;
  • réduire les vibrations avec des sièges ou des poignées atténuants ;
  • maintenir les équipements (gonflage des pneus, entretien) et le lieu de travail (état du sol) ;
  • informer et former les salariés, notamment pour réduire la vitesse de déplacement, régler le siège ou utiliser les systèmes anti-vibrations ;
  • limiter les durées d’exposition ou organiser les horaires pour une meilleure alternance des tâches ;
  • mettre à disposition des vêtements contre le froid. En effet, le froid et l’humidité sont des facteurs aggravants.

Vibrations : comment mesurer ?

L’exposition dépend de nombreux facteurs : émission de l’engin, durée de l’activité, qualité de l’entretien, état du sol, etc. L’évaluation des vibrations est donc assez complexe et le mesurage est souvent nécessaire, en utilisant un vibromètre ou un dosimètre.

Pour vous aider à évaluer le risque vibration dans votre entreprise, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Réglementation et jurisprudence en santé sécurité au travail ».