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Risques professionnels

Améliorer la qualité de l’air intérieur dans les bureaux

Publié le 13/12/2017 à 07:00 par

Afin d’identifier les causes éventuelles d’une mauvaise qualité de l’air intérieur (QAI), en tenant compte à la fois de la diversité des facteurs de risques, des maux occasionnés et de la différence de sensibilité des salariés, une méthode de diagnostic doit être mise en place avant d’effectuer des prélèvements d’air et des mesures aérauliques. L’objectif de ce diagnostic est de déceler un facteur pouvant perturber la QAI.

La mauvaise qualité de l’air intérieur dans les bureaux peut avoir différentes causes, qu’il s’agisse des matériaux de construction et de décoration utilisés avec des composés organiques volatils (COV), des colles, peintures, revêtement de sol, etc., des types de mobiliers ou encore des méthodes de ventilation employées dans les bâtiments. Les débits d’air neuf sont souvent limités au strict nécessaire des besoins hygiéniques.

Aussi, le mauvais entretien des systèmes de ventilation, la nature de certains équipements bureautiques, l’entretien des bureaux et le taux d’occupation lui-même sont autant de facteurs qui contribuent à modifier la qualité de l’air intérieur (QAI) et à générer des polluants spécifiques.

Il est recommandé d’analyser la situation dans sa globalité et d’examiner l’ensemble des facteurs de risque.

A titre d’exemple, une liste avec des points à observer est indiquée ci-après afin de mettre en évidence un dysfonctionnement ou une situation spécifique pouvant dégrader la QAI :

Points relatifs à l’environnement global du bureau :

  • présence environnante de sites industriels, agricoles, parkings de véhicules, chantiers de construction (fumées, pesticides, poussières, COV, etc.) ;
  • situation du bâtiment : zone urbaine, axes routiers et densité du trafic (particules, fumées diesel, etc.) ;
  • présence significative des pollens ou des allergènes environnementaux, zone géographique spécifique ;
  • zone imprimerie et photocopieuse en masse (ozone, particules ultrafines, COV) ;
  • etc.

Points relatifs à la structure du bâtiment et à son système de chauffage, ventilation, climatisation :

  • type de ventilation, mode de chauffage et système de traitement d’air ;
  • aération : manœuvrabilité des ouvrants, étanchéité, présence et états des joints ;
  • fonctionnement des groupes de ventilation, adéquation des débits ;
  • entrées et sorties d’air : inspection visuelle de l’état, localisation des prises d’air ;
  • etc.

Points relatifs à l’impact des occupants et de leurs pratiques :

  • présence des plantes vertes (composés phytosanitaires, allergènes) ;
  • produits de soins ou cosmétiques (odeurs, COV, aldéhydes) ;
  • utilisation de désodorisants, de bougies, parfums intérieurs, encens (particules, COV, aldéhydes) ;
  • localisation des espaces fumeurs (fumée de tabac ou vapotage, COV) ;
  • etc.

Points relatifs à l’entretien et à la maintenance des locaux :

  • techniques et modalités d’entretien, type de produits utilisés ;
  • entretien du système de ventilation, de chauffage et de traitement d’air ;
  • état des filtres, conduits, diffuseurs d’air ;
  • travaux, rénovation, dégâts des eaux ;
  • etc.

A l’issue du diagnostic, une métrologie adaptée peut être mise en place afin de proposer des mesures de prévention, rassurer le personnel et s’assurer que la QAI a été correctement identifiée.

Cette métrologie doit tenir compte :

  • de la nature des composés recherchés ;
  • de la durée et de la localisation des prélèvements d’air ;
  • du choix des techniques de prélèvements et des analyses associées.

Les choix méthodologiques réalisés auront un impact significatif sur l’interprétation de la QAI.

L’interprétation des résultats de mesures doit être conduite avec prudence. Il est rappelé que pour les locaux à pollution non spécifique, les valeurs limites d’exposition professionnelles ne sont pas applicables. Il convient de respecter les dispositions réglementaires et de se référer aux valeurs guides de l’air intérieur (VAIG) élaborées par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).


Références : Hygiène et sécurité du travail – n°248 – Septembre 2017.