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Addictions en milieu professionnel : employeurs et employés, tous concernés !

Publié le par dans Risques professionnels.

85 % des dirigeants d’entreprises affirment être préoccupés par les questions de toxicomanies et leurs impacts au travail. La MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) vient de faire paraître une nouvelle brochure pour accompagner les acteurs de l’entreprise sur cette question. Quelques éclairages bienvenus...

Environnement de travail et addictions

L’environnement de travail peut-il avoir un impact sur les pratiques addictives ? La MILDECA rappelle que l’emploi constitue globalement un facteur protecteur par rapport aux addictions.

Les demandeurs d’emploi ont en effet une consommation supérieure à celle des actifs occupés.

Mais ce constat général cacherait une grande diversité de situations selon les métiers, les catégories professionnelles, l’âge et le sexe.

Voici quelques chiffres :

  • tous les métiers sont concernés, mais les métiers des arts et des spectacles, de l’hébergement/restauration, de l’agriculture, du transport, de la construction et les métiers en relation avec le public sont parmi les plus exposés ;
  • 11 % des femmes cadres ont une consommation à risque d’alcool. Une prise de responsabilité augmente le risque de consommation d’alcool chez les femmes contrairement aux hommes ;
  • 37 % des actifs utilisent les outils numériques professionnels hors temps de travail.

Parmi les actifs occupés :

  • 18,6 % ont eu un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante dans le mois ;
  • 9,5 % ont des ivresses répétées ;
  • 28 % fument quotidiennement.

Prévention et addictions

Quels facteurs de risques sont liés au travail ?

► Les risques psychosociaux (RPS), les conditions de travail pénibles et le stress au travail, pour « tenir » physiquement et psychiquement ;

► La recherche de la performance, l’obligation de répondre aux exigences de productivité et/ou un climat de compétition entre les salariés peuvent pousser certains professionnels à se « doper » ou à tomber dans une addiction au travail (le « workaholisme »). Celle-ci peut être renforcée par l’utilisation d’outils numériques qui brouillent les frontières entre temps privé et temps professionnel (le « blurring ») ;

► Certaines cultures d’entreprises favorisent les consommations d’alcool (pots internes, signatures de contrats, etc.), de même des rituels d’intégration ou de socialisation entre collègues constituent des incitations à consommer (apéros entre collègues, afterworks, etc.).

Que peut/doit faire l’entreprise en termes de prévention ?

Selon la MILDECA, au-delà du règlement intérieur, l’entreprise devrait privilégier :

► Une démarche de prévention collective destinée à agir en amont sur les facteurs de risques liés au travail (prévention primaire) : analyse des conditions et de l’organisation du travail et des dysfonctionnements éventuels, formation de l’encadrement et des représentants du personnel, sensibilisation et information de tous les salariés, etc. ;

► L’accompagnement des salariés présentant des conduites addictives pour prévenir les inaptitudes et la désinsertion professionnelle.

Pour cela, l’entreprise et ses acteurs peuvent être accompagnés par les professionnels de la santé au travail (médecins du travail notamment) ou encore trouver des ressources sur le portail des addictions en milieu professionnel.

Et si nous commencions par tenter de démasquer les idées reçues sur ce thème délicat ?

Afin de prévenir les conduites addictives et de disposer de solutions d’accompagnement, les Editions Tissot vous recommandent leurs dépliants sur les conduites addictives.


Sources : Enquête BVA - MILDECA/SIG 2014, Note d'analyse OFDT, 2015
Baromètre santé 2014, 2017 (Santé Publique France), (OFDT, 2017), Cohorte CONSTANCES, Etude ELEAS 2016)