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Négociation sur l’égalité professionnelle : les syndicats peuvent demander une information complète

Publié le par dans Représentation Syndicale.

Votre employeur doit vous donner un certain nombre d’informations dans le cadre de la négociation sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ainsi, vous pouvez exiger d’avoir tous les indicateurs mentionnés pour la BDES mais pas seulement. Et si l’employeur ne s’exécute pas, une action devant le juge des référés est possible.

Négociation sur l’égalité professionnelle : rappels

Sont concernées par cette obligation de négocier sur l’égalité professionnelle, les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives et qui disposent d'un ou plusieurs délégués syndicaux.

Cette obligation de négocier n’est pas soumise à une condition d’effectif. La périodicité de négociation peut être fixée par accord d’entreprise. Dans ce cas, le rythme de négociation minimum est tous les 4 ans. Cependant, à défaut d’accord d’entreprise, cette négociation devra être opérée tous les ans.

Notez-le
La négociation sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes porte notamment sur les mesures visant à supprimer les écarts de rémunération, et la qualité de vie au travail. Elle doit aboutir à un accord. A défaut, l’employeur doit établir un plan d’action.

Les informations que l’employeur doit remettre aux négociateurs sont normalement définies par accord collectif. Sinon, il faut s’appuyer sur les données de la BDES.

Rappelons en effet que la BDES contient une rubrique dédiée à l’égalité professionnelle (voir notre article « BDES : quelles informations faut-il donner aux élus sur l’égalité professionnelle ? »).

Négociation sur l’égalité professionnelle : agir en justice en cas d’information incomplète

Un litige s’est produit entre une entreprise de fourniture et plusieurs syndicats quant au contenu des éléments d’information devant être communiqués au titre de la négociation annuelle sur l’égalité professionnelle. Dans cette affaire, les syndicats avaient saisi le juge des référés afin qu’il ordonne la communication des informations manquantes et qu’il suspende les négociations dans l’attente.

Le litige est remonté en cour d’appel, ce qui a donné l’occasion aux juges de préciser plusieurs choses.

En premier lieu, le juge des référés est compétent en cas de non-respect de l’obligation de communiquer des informations dans le cadre de la négociation collective. Il y a bien un trouble manifestement illicite.

En 2nd lieu, les juges confirment que l’employeur devait bien communiquer la totalité des indicateurs mentionnés à la BDES, pour l’année en cours, les deux années précédentes et les 3 à venir (en l’absence d’accord collectif sur le sujet). Il doit aussi fournir aux syndicats les indicateurs catégoriels se référant au modèle interne de carrières et compétences du groupe.

En l’espèce l’entreprise a eu tort de ne pas communiquer aux syndicats :

  • la part variable versée aux salariés (la communication des salaires bruts ne suffit pas) ;
  • les données par tranche d’âge comme le prévoit la BDES ;
  • les indicateurs par métier et échelon internes de façon assez précise pour permettre une mesure des écarts de salaire.

Notez en revanche que les syndicats ont été déboutés de leur demande d’information concernant les données des membres du comité de direction, puisque ces données ne figurent pas parmi les indicateurs exigés pour la BDES.

L’entreprise a été condamnée à fournir aux syndicats les informations manquantes 15 jours avant la reprise des négociations, avec une astreinte de 150 euros par jour de retard, exigible dans le mois qui suit la signification de la décision.

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Cour d'appel de Paris, Pôle 6 chambre 2, 23 mai 2019, n° 18/24253