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Managers : ni pote, ni despote

Publié le par dans Pratiques managériales.

Se montrer humain mais pas familier, être bienveillant tout en se faisant respecter, contrôler sans « fliquer », former mais pas se substituer, inspirer sans étouffer... La pratique du management est un numéro d’équilibriste permanent, une recherche constante du « juste milieu ». Comment trouver les bons dosages pour maintenir une relation professionnelle, saine et efficace avec ses collaborateurs, en étant ni pote, ni despote ?

Garder de la distance tout en maintenant de la proximité

La posture managériale impose d’instaurer une certaine distance avec ses collaborateurs. Cette distance est à la fois géographique et relationnelle. Mais pas question de rester retranché dans son bureau et se montrer froid et hautain lorsqu’on en franchit la porte. Le bon dosage consiste donc à conjuguer prise de hauteur et accessibilité… Oui, mais comment faire ?

Le walking around : c’était l’un des principes de management de Steve Jobs qui multipliait les incursions inopinées dans les couloirs, les bureaux, les open spaces, etc. Il s’agit de se montrer, d’occuper le terrain, de saluer, puis de regagner son QG.

Les moments informels qui permettent de « sortir du cadre » : un déjeuner ou même un café partagé, un after work, un succès commercial dignement célébré, etc. Ce sont autant de petits moments de convivialité qui permettent de fédérer et motiver, tout en gardant une posture managériale. Ces instants de détente peuvent, par ailleurs, être aussi générateurs de coopération et de créativité. Attention cependant à leur garder une certaine spontanéité car, s’ils deviennent ritualisés, ils rentrent de nouveau « dans le cadre »...

Le respect de la « distance réglementaire » : la façon de gérer l’espace dans le milieu professionnel a une réelle incidence sur la relation qui s’instaure entre collègues et supérieurs hiérarchiques. Rien de réellement imposé, bien sûr, mais des codes implicites régissent la distance physique dans le milieu professionnel. Ainsi, une étude a même été réalisée par Edward T. Hall, un anthropologue américain. Il y explique que si la distance personnelle qui convient à une conversation particulière serait d’environ 0,45 m à 1,35 m, celle qui régirait les relations entre un manager et ses collaborateurs serait de 1,20 m à 3,60 m….

Le tutoiement : l’emploi du « tu » et du « vous » ont longtemps marqué, en entreprise, les frontières entre les statuts professionnels. Un patron un peu paternaliste pouvait donc se sentir autorisé à tutoyer ses employés, sans que la réciproque s’applique. Les modes de gouvernance à l’américaine et l’arrivée des start-up ont bousculé ces codes en répandant la pratique du « tu » à tous les niveaux, dans le but d’estomper les différences hiérarchiques. Ainsi, les règles du « tu » et du « vous » sont devenues fluctuantes. Elles sont régies soit par la culture d’entreprise, soit par la perception qu’en ont les collaborateurs. Certains considèrent que le tutoiement généralisé est impensable. Pour d’autres, c’est gratifiant et motivant… Là encore, le manager doit s’adapter et faire au mieux.

Mobiliser sans harceler

Des rythmes qui s’intensifient, des objectifs quelquefois surréalistes à assurer, des contextes concurrentiels tendus… Le manager, pour faire face à tous ces défis, doit provoquer l’engagement de ses collaborateurs, les maintenir motivés et mobilisés, sans pour autant user d’une pression qui pourrait s’apparenter à du harcèlement. Encore un dosage des plus délicats qui peut être facilité par quelques bonnes pratiques. Quelles sont-elles ?

Respecter les règles de savoir-vivre : le manager, pour remplir pleinement sa fonction, est quelquefois appelé à contrôler, arbitrer, recadrer, et à assumer d’autres tâches peu agréables, mais indispensables. Les quelques précautions à prendre pour bien respecter les règles élémentaires du savoir-vivre consistent à ne jamais faire d’un désaccord une affaire personnelle, à ne pas recadrer en public, à ne pas stigmatiser une personne en particulier.

S’intéresser aux personnes sans être intrusif : impossible d’uniformiser son management et son rapport à l’autre, ils doivent être adaptés à chacun des collaborateurs. Pour cela, il est indispensable de s’intéresser un minimum à leur vie privée. Mais, là encore, la distance s’impose. Discuter, échanger, comprendre les leviers à activer pour chaque personnalité, certes, en revanche, ne jamais soustraire de confidences ou donner l’impression d’aller « à la pêche aux infos personnelles ».

Ces différents contextes ne représentent que quelques petits exemples de toutes ces situations où l’art de manager est, avant tout, l’art de doser...