Droit du travail & RH

  1. Accueil
  2. Actualités

Actualités

Les salariés et leur chef : une relation à double sens

Publié le par dans Contrat de travail.

Lumio, dernier-né des Éditions Tissot, publie en partenariat avec OpinionWay, un sondage sur la relation entre les salariés et les chefs. Il en ressort une vision partagée et ambiguë, où le « je t’aime moi non plus » est de mise. Si les responsables sont appréciés par la majorité des collaborateurs, ces derniers se verraient bien prendre leur place. Entre ces deux positions, le poste de chef apparaît plus que jamais en pleine mutation.

La crise d’autorité a-t-elle encore sa raison d’être au cœur de l’entreprise ? Longtemps montrés du doigt par les salariés en quête d’autonomie, les chefs occupent toujours une place à part dans l’organisation managériale de chaque structure. Entre présence excessive et besoin d’accompagnement pour les employés, la fonction évolue progressivement au fil des ans. Reste une question : la conception que les salariés ont de leurs responsables va-t-elle dans le même sens ? C’est ce que s’est appliquée à définir Lumio, la nouvelle LegalTech dédiée au droit du travail.

Le site vient de publier les résultats d’un sondage, mené en partenariat avec l’institut OpinionWay, concernant la vision que les salariés ont de leurs chefs. Et les chiffres sont surprenants dans leur diversité.

À la recherche d’une nouvelle autorité

Là où l’envie d’une nouvelle égalité dans l’entreprise primait depuis quelques années, l’idée semble aujourd’hui avoir fait son chemin. Les collaborateurs ne renient plus l’autorité. Mieux, ils la revendiquent. Ainsi, ils sont 67 % à déclarer en avoir besoin et rechercher un vrai chef. L’avis est partagé par tous, sans différence d’âge, d’emploi ou de sexe.

Le sondage relève toutefois une vision évolutive de la fonction. Si les employés sont en quête d’un managérial fort, il ne s’agit nullement d’une recherche d’autoritarisme, bien au contraire. Le bon comportement serait celui d’un chef qui accompagne, aide et soutient pour 56 % des personnes interrogées. Pour 24 %, le responsable doit aussi être fin psychologue et savoir convaincre.

Un poste facile à occuper ?

Est-ce à dire que ce rôle de chef est pour tous ? Il semblerait que oui. Un salarié sur deux se voit pleinement occuper la place. Cela concerne majoritairement les hommes (59 %). De là à imaginer que le poste fait des envieux, il n’y a qu’un pas. Cette envie est d’ailleurs principalement motivée par la recherche d’un meilleur salaire pour 64 % des sondés. La volonté de diriger une équipe n’est mise au premier plan que par un tiers des travailleurs prêts à s’investir dans ce poste. Pour 11 %, il s’agit simplement de changer de responsable.

Le choix n’est pourtant pas idéal. En effet, plus de la moitié des interrogés voit dans cette prise de fonction davantage de stress. Pour 35 %, avoir plus de responsabilités est également synonyme d’une perte d’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, tandis qu’un tiers craint d’avoir justement trop de responsabilités.

Autant dire que si le chef est plébiscité chez beaucoup, la conception de la fonction a évolué avec une nouvelle proximité qui se détache de la seule idée d’autorité. Seuls les employés de la fonction publique estiment qu’ils sont en trop grand nombre. L’accompagnement est, lui, largement mis en avant avec une autre donnée, celle de la capacité, à ce poste, d’agir sur l’amélioration des conditions de travail (26 % des salariés). Cette nouvelle vision explique aussi que beaucoup se sentent capables d’occuper la place, sans conceptualiser réellement les missions qui peuvent leur être confiées.

Retrouvez les résultats complets du sondage

Les salariés et le chef – Sondage Lumio (mai 2019)