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Intelligence artificielle : quels impacts prévisibles pour les entreprises du BTP ?

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Le député Cédric Villani a été chargé d’une mission parlementaire afin d’étudier les différentes stratégies nationales et européennes permettant d’accompagner les mutations du marché du travail liées à l’intelligence artificielle. Son rapport expose les évolutions nécessaires pour anticiper l’impact de l’intelligence artificielle dans les entreprises. Dans le BTP, plus de 150 000 emplois sont exposés à l’automatisation.

Intelligence artificielle : anticiper l’automatisation des tâches et privilégier l’expérimentation

Critères d’automatisation des tâches

Si l’intelligence artificielle est synonyme d’avancées majeures dans le domaine de la réalisation de certaines tâches, son impact potentiel sur la création et la destruction d’emplois implique de mettre en place des pistes de réflexion. Afin d’anticiper cette mutation du marché du travail, le rapport Villani met en exergue la nécessité de définir des critères pour identifier les tâches automatisables.

Il semblerait possible de retenir quatre éléments :

  • l’absence de flexibilité dans la réalisation de la tâche ;
  • l’absence de nécessité d’adaptation humaine résultant de l’application de consignes strictes ;
  • l’absence de problème à résoudre ;
  • l’absence d’interaction sociale.

Le choix de ce faisceau d’indices, à l’inverse du seul critère du caractère routinier d’une tâche, contribuerait à une automatisation intelligente et maîtrisée des tâches.

« Labs publics de la transformation du travail »

Le rapport préconise la création d’un « lab public de la transformation du travail ». Cette structure favoriserait la convergence des politiques publiques et une expérimentation des pratiques. Elle mettrait en œuvre des actions ciblées sur certains secteurs où le risque d’automatisation des emplois est très important. Elle pourrait être déclinée au niveau local et associerait une réflexion entre l’Etat, les collectivités et les différentes branches d’activités. Elle servirait également de lieu de formation aux salariés, étudiants et apprentis.

Intelligence artificielle : valoriser la complémentarité du salarié avec la machine

Dans le domaine du BTP, les emplois les plus exposés à l’automatisation, selon le rapport, sont ceux des ouvriers qualifiés (48 455) et non qualifiés du gros œuvre (46 517), ceux des ouvriers qualifiés du second œuvre (37 156) et non qualifiés du second œuvre (34 226), soit un total de 166 354 emplois concernés.

Cette automatisation des tâches doit engendrer la création de nouveaux emplois. Il faudrait développer la complémentarité des postes avec les machines pour préserver la place des salariés au sein des entreprises.

La complémentarité concerne des postes qualifiés ou peu qualifiés, et doit favoriser le développement d’une « complémentarité capacitante » pour le travailleur.

Intelligence artificielle : envisager une réforme législative pour encadrer les nouvelles situations

De nouveaux risques juridiques apparus parallèlement à l’impact croissant de l’intelligence artificielle dans l’entreprise, doivent amener à adapter les moyens juridiques pour encadrer les nouvelles conditions de travail des salariés.

Les négociations obligatoires en matière d’égalité professionnelle et de gestion des emplois et parcours professionnels devront intégrer des dispositifs relatifs à l’intelligence artificielle.

Enfin, par le biais de la formation initiale et continue, de nouveaux modes de formation, permettront le développement des compétences en intelligence artificielle.

Pour vous aider à connaître les règles de gestion du personnel adaptées au BTP, les Editions Tissot vous conseillent leur publication « Gestion pratique du personnel et des rémunérations du BTP ».


Rapport Villani : « Donner un sens à l’intelligence artificielle : pour une stratégie nationale et européenne », mission parlementaire du 8 septembre 2017 au 8 mars 2018