Droit du travail & RH

  1. Accueil
  2. Actualités

Actualités

Article ancien - Il se peut que les informations et les liens ne soient plus à jour

Edito de février : Libre-service

Publié le par dans Licenciement.

La machine va-t-elle remplacer l’homme ? Depuis des décennies, le débat fait rage entre les économistes. Pour certains, la machine permet de nous libérer des tâches les plus répétitives et asservissantes tout en ouvrant de nouveaux horizons professionnels. Pour d’autres, au contraire, elle détruit irrémédiablement des emplois et pousse les personnes les moins qualifiées en dehors du marché du travail.

Dans nos sociétés modernes, le libre-service est-il un mal ou un bien, un avantage ou un inconvénient ?

Incontestablement, les auteurs d’une toute récente proposition de loi ont un avis sur la question.

En effet, le texte vise « à interdire la généralisation des caisses automatiques aux barrières des péages sur le réseau français autoroutier ». Plus précisément, si cette loi était adoptée elle imposerait aux concessionnaires d’autoroute de respecter un seuil d’au moins 20 % de caisses tenues par des personnes physiques. Le motif invoqué : en temps de crise « aucun emploi ne doit être supprimé ou minimisé. Or, la généralisation des automates entraîne corrélativement la disparitions des péagistes ».

Ces derniers ne sont pas les seules victimes des automates. Historiquement, les premières à succomber ont été les pompistes.

En 1980, notre pays ne comptait pas moins de 41.500 stations-services. Aujourd’hui, ce chiffre est d’environ 15.000. Les petits pompistes n’ont pas résisté à la concurrence des grandes surfaces et à l’implantation massive de distributeurs automatiques d’essence. De plus, dans les stations traditionnelles, à la différence d’autres pays, le consommateur français semble ne pas être disposé à dépenser quelques centimes d’euros supplémentaires pour être servi en carburant.

Aujourd’hui, il semble que les caissières soient à leur tour menacées. Le self check out (caisse en libre-service) est en train de mettre à mal cette profession.

Décidemment, on n’arrête pas le progrès mais le prix social à payer n’est-il pas trop élevé ?


Par Philippe LAFONT, consultant en droit social