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Edito d’avril : Nous n’avons pas les mêmes valeurs

Publié le par dans Congé, absence et maladie.

Dans son dernier baromètre annuel sur les vacances des Français, le cabinet PROTOURISME vient de livrer quelques chiffres « intéressants ». Les intentions de départs en vacances pour l’année 2012 sont, malgré le contexte économique défavorable, en hausse. Un quart des Français est même prêt à engager ses économies pour pouvoir partir en vacances.

Comme le souligne le directeur de la structure qui a conduit l’étude : « les vacances deviennent primordiales pour les Français malgré la crise et les restrictions ».

Par un curieux hasard de calendrier, au même moment, les Suisses étaient appelés à se prononcer par voie de référendum sur le passage de 4 à 6 semaines de congés payés.

Avec un score de 66,5 %, la majorité du peuple Suisse a rejeté cette proposition. Le plus surprenant réside dans le fait que la France a servi de contre-modèle aux opposants. En effet, les plus hostiles à cette mesure ont expliqué qu’il ne fallait surtout pas suivre l’exemple de la France : « les Français ont nettement plus de temps libre que les Suisses. Cela n’a pas apporté grand-chose à la France. Le taux de chômage est élevé, l’économie affaiblie et les Français se font porter pâle deux fois plus souvent (8,5 jours par an) que les Suisses. »

Quelques temps avant, un article d’un hebdomadaire zurichois dénonçait le « laisser-aller méditerranéen » des Suisses francophones laissant jusqu’à entendre que les habitants de cette région linguistique pouvaient être assimilés aux « Grecs de la Suisse ».

Toujours aussi surprenant, les propos qui sont prêtés à un haut responsable hospitalier genevois « il faut arrêter le recrutement systématique des frontaliers dans les (…) hôpitaux. La préférence doit être donnée au candidat local, même s’il est moins bon ».

Voici une application littérale, voire zélée d’une directive du canton de Genève qui recommande depuis 2011 l’embauche prioritaire des chômeurs locaux.

A tort ou à raison, le moins que l’on puisse dire est que notre modèle social semble ne pas faire que des envieux.


Par Philippe LAFONT, Consultant en droit social