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Sécurité et santé au travail BTP

Ciments-bétons : quelles solutions de prévention ?

Publié le 09/02/2018 à 15:00 par

Dans le BTP, le ciment est bien souvent employé pour la préparation des bétons, colles et mortiers. Les professionnels les plus exposés sont ceux amenés à le manipuler manuellement tels que les carreleurs, les maçons, etc. Quelles sont alors les mesures de prévention à adopter ? Un guide publié par le syndicat national du béton prêt à l’emploi (SNBPE) est consacré à ce risque professionnel.

Ciments-bétons : agents chimiques

Les ciments sont réglementairement classés comme ACD (agent chimique dangereux). Les pathologies qu’ils sont susceptibles d’engendrer sont inscrites dans le tableau n° 8 des maladies professionnelles du régime général.

En tant qu’employeur, vous êtes donc tenu d’appliquer les principes généraux de prévention, ainsi que la démarche de prévention des risques chimiques (Code du travail, art. R. 4412-1 à R. 4412-57).

Rappelons également qu’il convient de mettre en place des mesures pour éviter que les travailleurs puissent être blessés par des projections de béton, de mortier ou de ciment mis en œuvre par des moyens mécaniques ou pneumatiques (Code du travail, art. R. 4534-134).

Les ciments peuvent avoir différents effets néfastes pour la santé : il est irritant et corrosif sous sa forme humide et peut affecter les yeux et les voies respiratoires lorsqu’il est en poudre. Ces agents chimiques peuvent alors provoquer :

  • irritations de la peau ;
  • eczéma ;
  • irritations oculaires ;
  • rhinites ;
  • pathologies broncho-pulmonaires.

Le ciment et le béton représentent la 1re cause de dermatites de contact dans le BTP.

Ciments-bétons : quelles démarches de prévention ?

Le principe est d’éviter autant que possible le contact des salariés avec le ciment.

Le syndicat national du béton prêt à l’emploi (SNBPE) a publié un guide « Ciments et bétons » visant à sensibiliser les artisans aux règles de sécurité à respecter lors de la réception des bétons sur chantier. L’OPPBTP et IRIS-ST (Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail) étaient associés à sa rédaction.

Afin de se protéger des poussières de ciment, ce document précise les différentes mesures de prévention à adopter en cas de :

  • manipulation de ciment en poudre ;
  • réalisation de travaux sur béton durci (percement, sciage, etc.).

Il met l’accent sur le port des vêtements et équipements de protection individuelle [lien 3] adaptés (tels que masque, lunettes, etc.). En ce qui concerne les équipements de protection collective, le principe est de limiter l’émission de poussières (via un système d’aspiration à la source, le capotage des engins, l’utilisation de produits moins émissifs, etc.).

Pour la manipulation de ciment sous forme humide, il faut veiller notamment au port de gants adaptés, de bottes étanches, de vêtements couvrants et imperméables afin d’éviter tout contact avec la peau.

Enfin s’agissant de la réception du béton, d’autres mesures sont recommandées telles que fixer les conditions de livraison et d’accès au chantier et désigner un responsable de la réception.

Il est par ailleurs conseillé d’utiliser du béton fibré métallique et du béton autoplaçant (BAP) qui permettent une plus grande facilité de mise en œuvre.

Notez-le
Depuis le 1er janvier 2018, les travaux sont effectués à proximité de réseaux souterrains ou aériens, les conducteurs d’engins doivent détenir une autorisation d’intervention à proximité des réseaux (AIPR) (voir notre article : travaux à proximité de réseaux : une autorisation d’intervention obligatoire à compter du 1er janvier 2018).

Vous souhaitez connaitre les différents moyens de prévention à mettre en œuvre face à des agents chimiques dangereux et plus particulièrement du ciment ? Les Editions Tissot vous recommandent leur documentation : « Evaluation des risques professionnels dans le BTP ».